Naye, d’où l’on voit le lac de Neuchâtel et la chaîne'des Alpes , depuis le Saint-Bernard au Tillilz. ;« les trente-deux vents y tiennent foire, » disentles gens du pays.
Ce passage est exposé, au printemps, à de fré-quentes avalanches, et a, sous ce rapport, unemauvaise réputation qui date de loin. M. Bridel,en m’en parlant, me cita l’autorité du géographede Charles-Quint, Gérard Mereator , dans la Cos-mographie duquel on voit : « Combien grand et« espouvantable est le précipice du mont Mus-« truac (Montreux ), duquel tombent et se per-« dent, chaque année, plusieurs bêtes de somme,« et des hommes mesmes ! » Nous n’y eûmesd’autre aventure que la chute d’une petite pieiTe ,qui passa près de nous, en ronflant et faisant desricochets perfides. Notre guide fribourgeois s’enmontra bien plus effrayé que nous, en ce qu’il s’at-tendait à en voir descendre de plus grosses. D’a-bord il soupçonna que ce pouvait être une espiè-glerie de quelque pâtre , mais , n’apercevant per-sonne sur ces hautes sommités, il trouva plussimple de s’en prendre à l’esprit malin.