Band 
Second volume.
Seite
408
JPEG-Download
 

— 4o8 —

quatre pattes, pour éviter d’ètre renversés dans letorrent. En quittant l’hospice , nous fûmes suivis ,pendant long-temps, par un nombreux troupeaude chèvres, qui, faisant tinter leurs clochettes,s'arrêtaient dès que nous nous arrêtions, et se re-mettaient à nous suivre quand nous recommen-cions à marcher, nous contemplant avec leur phy-sionomie fantasque , et de cet air curieux de gensqui n’ont rien vu. Pent-être, comme la chatte deMontaigne , faisaient-elles leurs observations surmoi, tandis qu’elles me fournissaient la matière decette note. Ces chèvres sont fort jolies, sveltes etd’une belle couleur fauve, coupée de raies noires;quelques-unes sont marquées de taches blancheset si régulières, qu’on les croirait peintes. Le guidem’en désigna plusieurs provenant de l’accouple-ment d’un chamois avec une chèvre. Cette racede métis, qui est fort estimée, se reconnaît aisé-ment à la légèreté de ses formes, ainsi qu’à sa cou-leur. Il y a une dixaine d’années qu’un bouquetinmâle, que l’on conservait à Berne dans les fossés,a été déporté, en raison de son naturel intraitableet des méfaits qui en avaient été la suite, dans lessolitudes glacées du Grimsel , où on l’a associéau troupeau de l’hospice. J’ignore s’il s’y estmontré aussi peu scrupuleux que les chamois, en