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reflet azuré, bien different de celui dont la clartéde la lune revêt les glaciers , et qui était d’un sin-gulier effet. Cette fantasmagorie aérienne des Alpes contrastait, d’une manière frappante, avec lesformes massives et les ombres sans transparencedes montagnes qui dominent le lac, dont les eaux,d’un beau vert émeraude , se confondaient pres-que avec les prairies de ses rives. Rien, dans cepaysage, n'était au ton qui lui fût propre; tout yétait à la fois factice et pourtant naturel; de ce mé-lange de vrai et de faux , il résultait une impres-sion étrange et difficile à définir. Au couchant,l’horizon était clair sans être pur; le soleil, prêt dese coucher, colorait, de pourpre et d’or, desnuages pittoresquement groupés, et inondait, d’unelumière rosée , les collines vaporeuses qui se per-daient dans le lointain. Ses derniers rayons, glis-sant sur les montagnes des premiers plans, illumi-naient leurs arêtes élevées, et effleuraient les mas-sifs d’arbres qui ombrageaient leurs pieds. Il sem-blait que, de ces deux scènes si diverses, la pre-mière appartint au monde idéal, et l’autre aumonde réel. Les Alpes disparurent peu à peu der-rière un transparent de pluie qui,s’épaississant pardegrés , finit par envahir tout l’horizon.
Le point d’où l’on jouit le mieux et le plus coin-