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parti vainqueur de voir l’aristocratie reconquérirsa prépondérance, et prendre un beau jour lepeuple souverain par surprise, pour lui arracherson abdication. Cette précaution ne paraissant passuffisante, sept des cantons révolutionnés con-clurent un traité par lequel ils s’engageaient àconcourir réciproquement au maintien du nouvelordre de choses établi chez eux, dans le cas oùl’on aurait recours, pour le renverser, à la forcematérielle qui l’avait fondé. Cette association d’as-surance mutuelle contre la réaction prouve assezcombien les faiseurs de la révolution comptaientpeu sur la durée de leur ouvrage, et montre lepeu de fond qu’ils faisaient sur l’appui des massesaveugles et passionnées qui avaient servi d’instru-mens à leurs desseins. Il est presque superflu d’a-jouter qu’une fois la réforme politique accomplie,la curée aux places commença; on vit alors, enSuisse , ce que nous avons vu chez nous, en i8i5et en i83o, ce que l’on verra dans toute révolu-tion, comme dans toute restauration; ce ne furentni les plus habiles, ni les plus estimables qui ar-rivèrent aux emplois ; les plus exaltés et les plusintrigans les devancèrent.
Après cet exposé des faits généraux, je crois àpropos de consacrer un paragraphe à part à ce