Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
19
JPEG-Download
 

M O D

Les marchandes de mode garnissent &:ornent les habillements faits par la coutu-rière. Elles contruisent elles-mêmes quel-ques vêtements particuliers : savoir lemantelet, la pelisse, la mantille de cour.

Le mantelet & Jbn coqueluchon-, Cetteespece de petit manteau de femme se faitde taffetas qui a deux tiers de large, oude satin qui a une demi-aune. II se dou-ble quelquefois de la même étoffe pourl’hiver.

11 faut pour un mantelet ordinaire avecson coqueluchon , pour le corps du man-telet une aune & demie , qui étant redou-blée fera trois quarts de long pour chaquecôté , depuis le haut du col jufqu’au basdu pan & pour le coqueluchon, un tiersredoublé , ce qui fait deux tiers. Oncoupe d’abord le coqueluchon en pliant endeux l’étoffe fur fa largeur ; on écliancreun coin du côté du redoublement , dequatre à cinq pouces en mourant ; le boutpointu de cette fente fera le centre desplis en rond qu’or; fera au surplus dudit re-doublement , après quoi on la fermera parune couture : ce centre pliíle fe trouveplacé au milieu du derriere de la tête. Onplie en deux le reste de l’étoffe pour lemantelet. On commence par tailler le col-let , & ensuite l’échancrure des bras c’est-à-dire ce qui doit passer en devant par-des-sus les bras, & qu’on nomme les pans dumantelet.

Pour joindre le coqueluchon au mante-let , on plisse le milieu du collet pour leréduire à la proportion du côté du coque-luchon , au bout duquel on a fait l’échan-crure ; ensuite on coud ce côté à la plissuredu collet ; & continuant à coudre les deuxderrières, celui du mantelet & celui ducoqueluchon , l’un à l’autre , on fronce àmesure celui du mantelet ; & afin que l’onpuisse serrer plus ou moins ces deux piecesfur le cou, on coud par l’envers tout-au-tour une coulisse qui est un ruban qui formeun conduit, dans lequel on passe un cor-don pour serrer plus ou moins le col dumantelet. Enfin on borde le tout d’unedentelle noire.

La pelijse est plus ample que le man-telet , & en différé encore à quelques autreségards, mais elle se fait, comme lui, de

M O D i 9

taffetas ou de satin. Il faut pour le corps dela pelisse trois aunes distribuées en quatrelez égaux, ce qui donne trois quarts de lon-gueur à chacun. On commence par coudreles deux lez fur leur longueur, ce font lesdeux derrières ; puis on les plie l’un furl’autre pour lever depuis leurs extrémitésen mourant j usques au milieu, deux pointesd’un coup de ciícau : on en fait autant auxdeux devants posés, l’un fur l’autre. Cesquatre pointes levées s’aflemblent deux àdeux ; ensuite joignant par une couture lesdevants aux derrières, il se trouve au-des-íbus de la coupe des pointes un vuide entriangle qu’on remplit en y cousant de cha-que côté les pointes assemblées deux à deux.Cette méthode donne plus de tour en basqu’en haut. On donne de l’arrondissementautour des pointes avec les ciseaux, & unecourbure au haut de chaque devant. Onfend vers le milieu des devants une ouver-ture de six à sept pouces pour y passer lesbras. On double la pelisse de la mêmeétoffe ou d’une fourrure pour l’hiver.

Le coqueluchon se taille , se fabrique &se monte comme un mantelet.

La mantille de cour est une espece demantelet moins large, plus court par ledos, avec des pans un peu plus longs, & au-quel on ne met jamais de coqueluchon. Onle fait d’une étoffe légere , comme gaze ,dentelle , réseau , Ùc. dont il faut uneaune & demie.

MODELE , s. m. ( Gram .) il se ditde tout ce qu’on regarde comme origi-nal , & dont on se propose d’exécuter lacopie. Ce mot se prend au simple & aufiguré , au physique & au moral. Cettefemme a toutes les parties du corps de laplus belle forme , & des plus grandes pro-portions. Ce feroit un modele précieuxpour un peintre ; mais c’est un modèlede vertu, que son indigence ne réduirajamais à s’exposer nue aux regards curieuxd’un artiste. Voye^ aux articles suivansd’autres acceptions de modele.

MODELE , en Architeclue'e ; originalqu’on propose pour Limiter, & pour lecopier. Voye\ Original.

On dit quel’église de S. Paul de Londresa été bâtie fur le modele de S. Pierre deRome. Voye\ Archetipe &Type,

C i