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Tome vingt-deuxième.
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sans, ou contenus encore dans le ventre deJa mere : il m’a paru que la moelle se dé-tachoit en masse de l’os, & que par consé-quent il n’y a point de périoste interne.Cette apparence n’étoit cependant pasvraie ; car bien certainement il passe del’os à la moelle , & réciproquement de lamoelle à l’os , un grand nombre de petitsvaisseaux, dont l’injection réussit quelque-fois. il n’est donc pas vrai que la moellesoit véritablement libre & détachée de l’os.Je pencherais cependant à croire , quepour la sûreté même de ces vaistbaux , ildoit y avoir une membrane, qui les affer-misss contre l’os ; peut-être est-ce une cel-lulofité trop fine, pour qu’on puisse la dé-montrer.

La masse médullaire a dans le corps del’os les mêmes vaisseaux que la substancede l’os. Un grand tronc nourricier , deuxailleurs ou trois, percent obliquement letuyau de l’os , & se rendent en droituredans la moelle , presque dans son milieu.Une branche remonte vers l’extrémité su-périeure de l’os, une autre descend versl’extrémité inférieure : cette artere nour-ricière donne une infinité de branches auxcellules médullaires. C’est elle qui déposefans doute la moelle dans ces cellules, carl’injection fine & l’eau fur-tout y passedepuis l’artere & les remplit.

Mais cette même artere , avant qued’arriver à la moëllt , a donné une infi-nité de petites branches, qui rampent entreles lames de l’os, qui le pénètrent de touscôtés , & qui amenent avec elles cettecellulosité, compagne inséparable des vais-seaux , qu’on a regardé comme le réfeaufondamental des os. C’est cette celiulo-fité , avec les vaisseaux qui reste seulede la substance d’un os dissous par lesacides.

Ce font ces mêmes chemins, par les-quels la moelle suinte , lorsqu’elle est cor-rompue : elle jaunit alors ; cette couleurinfecte successivement toute la substancede l’os , elle arrive même jusqu’à la sur-face qui regarde le périoste, & la couvred’un enduit gras & gluant. On a regardéces pores comme séparés des chemins desvaisseaux , & comme formés exprès pourJe passage de la moelle , mais c’est faute

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d’avoir rempli les vaisseaux. Si on avoirpris cette précaution , on aurait vu qu’iln’y a point d’autres canaux, qui depuis letuyau médullaire conduisent à la íurfaceextérieure de l’os.

Dans les épiphyfes l’artere vient en par-tie de celle du corps de l’os, qui perce lacroûte cartilagineuse pour pénétrer dans lasubstance cartilagineuse del’épiphyse. Maisles artères principales de l’épiphyse s’yrendent par des puits dont l’épiphyse esttoujours gravée , & leurs troncs font dif-férents de l’artere nourricière.

Les artères font plus apparentes que lesveines de la moelle, elles en sont accom-pagnées cependant, puisqu’une veine in-jectée d’eau, remplit de cette humiditéles véficules cellulaires. On a même cruy voir entrer des vaisseaux lymphatiques& des nerfs. Je n’ai aucune expérience par-ticulière à offrir là-destùs.

Si effectivement des nerfs entrent dansla substance de la moelle , elle sera sen-sible à proportion de la grandeur de cesnerfs. J’ai cependant de la peine à merendre à l’expérience unique de Duverney,qui d’ailleurs est équivoque , puisqu’il fautfaire naître dans un animal des douleursénormes, lorsqu’on lui ampute un os , laseule peur peut le faire jetter les hauts crisà la vue d’un instrument. II est sûr du moinsque toute cette grande surface osseuse ,qui forme la boîte du crâne , ne reçoit pasle moindre nerf de la dure-mere, puis-que cette membrane elle-même en est dé-pourvue. Et je fuis trop sûr d’avoir vu tré-paner & percer le crâne dans une personnetrès-présente , sans qu’elle en ait ressentila moindre douleur. C’est donc un sujet àrecommander à de nouvelles recherches ,pour se confirmer fur l’existence ou fur lanon-existence des nerfs de la moelle.

La moelle est une graisse peu différentede la graisse ordinaire : la liqueur rou-geâtre même , qui remplit les petites cel-lules du tissu spongieux des épiphyfes nediffère pas essentiellement de la moelle.

Ruysch a remarqué que dans les corpshumains tirés des sépulcres , & la graisse ,& la moelle , & cette humeur rouge desépiphyfes , est un véritable suif sec &solide.

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