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Ss n’ont pas vu des exemples, plus rare-ment encore ils se détachent de leur sen-timent , & ne souffrent presque jamaisqu’on préféré celui des autres ; pusillani-mes & opiniâtres, cruels dans leurs hai-nes , trilles dans leurs réflexions, d’unecuriosité importune, & prévoyant tou-jours quelques désastres près d’arriver.
Quant à Tétât des personnes, le vil—Jageois, dit le méme critique, est na-turellement stupide , crédule , timide ,opiniâtre, indocile, présomptueux, enclinà croire qu’on le méprise, & détestantce mépris. L’habitant des villes est lâche,craintif, plein d’orgueil, indolent, plusprompt en paroles qu’en actions, plongédans le luxe & dans la moleste , superbeenvers ceux qui lui cedent, bas avecceux qui lui imposent ; de la nature ducrocodile. L’homme de guerre , ajoute-t-il est malfaisant, ami du désordre , sevantant de ses faits glorieux, soupirantaprès le repos, & le quittant dès qu’il Tatrouvé.
On voit dans tous ces états des exemplesde tous ces vices, peut-étre même sont-ils plus fréquens que ceux des qualités con-traires ; & la comédie qui peint les hommesd u côté vicieux & ridicule , a grand foinde recueillir ces traits. Mais & les vices &les vertus d’ctat peuvent souffrir milleexceptions, comme les vices & les vertusqui caractérisent lo6 âges ; & en invitantles poètes à ne pas perdre de vue cescaractères généraux , je crois devoir lesencourager à s’en éloigner au besoin ,sur-tout dans la poésie-héroïque , où Tonpeint la nature, non telle qu’elle estcommunément , mais telle qu’elle estquelquefois. Achille & Télémaque fontdu même âge , & rien ne se ressemblemoins. On aime sur-tout à voir dans lesvieillards les vertus opposées aux défautsqu’on leur attribue. Un vrai sage, commeAlvarès , est bien plus intéressant & n’estpas moins dans la nature qu’un prétendusage comme Nestor.
Cette variété dans les mœurs du mémeâge ou de la même condition, tient aufonds du naturel, qui n’est ni absolumentdifférent , ni absolument le même danstous les hommes. Chacun de nous est enTome XKU.
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abrégé dans son enfance ce qu’il sera danstous les âges de la vie, avec les modifica-tions que les ans doivent espérer. Or cesmodifications diffèrent selon la constitutionprimitive ; ensorte , par exemple , que lefeu de la jeunesse développe en Tun desvices, & en Tautre des vertus. Les forcesaugmentent, mais la direction reste, àmoins que la contention de Thabituian’ait fait violence au naturel, ce qui fortde la réglé commune.
II y a aussi des qualités naturelles & cor-relatives , auxquelles il est importantd avoir égard dans la peinture des mœurs ;je n’en citerai que quelques exemples.De deux amis, le plus tendre est natu-rellement le plus âgé : en cela Virgile abien saisi la nature , lorsqu’il a peint Ni-sus se dévouant à la mort pour sauver lejeune Euriate. Par une raison à-peu-prèssemblable , la tendresse d’un pere pourson fils est plus vive que celle d’un filspour son pere. Ainsi lorsque dans l’Odysofée Ulysse & Télémaque se retrouvent ,les larmes de Télémaque sont estùyéesquand celles d’Ulysse coulent encore.L’amour d’une mere pour ses enfans estplus passionné que celui d’un pere ; & lemarquis Maffeï nous en a donné un exem-ple bien précieux & bien touchant. Dansfa Métope , cette mere persuadée qu’ellene reverra plus son fils, s’abandonne à fadouleur. Un sujet fidele & zélé Tinvite às’armer d’un courage égal aux malheursqui Taccablent ; & il lui cite l’exempled’Agamemnon à qui les dieux demande-ront fa fille en sacrifice, & qui eut le cou-rage de la livrer à la mort. A quoi Mé-tope répond :
O Carifo , non ayrìan già mai gli dei
Ciò coinrmndato ad una madre.
Le marquis Maffei a eu la modestie dedire à ce sujet : " Ce beau sentiment n’estpas sorti de l’ame du poete , ni emprunté» d’aucun écrivain : il Ta puisé dans le» grand livre de la nature &de la vérité ,» celui de tous qu’il a étudié avec le plus» de soin ». Il raconte donc qu’une merese montrant inconsolable de la perte deson fils unique enlevé à so fleur de son âge,