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Tome vingt-deuxième.
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peuplées de saints solitaires. On regardeS. Martin , comme le premier instituteurde la vie monastique dans les Gaules ,elle passa un peu plus tard dans les îlesBritanniques. Mais dans tout l’occidentla discipline n’étoit pas si exacte qu’enorient ; on y travailloit moins , & le jeûney étoit moins rigoureux.

U y avoir des hermites ou anachorètes,c’est-à-dire des moines plus parfaits, quiaprès avoir vécu long-temps en commu-nauté pour dompter leurs pallions & s’e-xercer à toutes fortes de vertus, se reti-roient plus avant dans les solitudes, pourvivre en des cellules séparées plus déta-chés des hommes & plus unis à Dieu.C’étoit ainsi que s’achevoient pour l’ordi-naire les plus illustres solitaires, voye.\ANACHORETES ; mais l’abbé conservoitson autorité sur eux.

Les moines étoient pour la plupartlaïques , & même leur profession les

éloignoit des fonctions ecclésiastiques. Ilne falloit d’autre disposition pour le de-venir que la bonne volonté , un désir sin-cère de faire pénitence & d’avancer dansla perfection. Il ne faut pourtant pas s’ima-giner qu’onles y admît fans épreuve : Bal-lade dans Jon hifioire de Lamiaque , ch.xxxviij. dit expresiement, que celui quientre dans le monastère & qui ne peut pasen soutenir les exercices pendant troisans, ne doit point être admis. Mais quesi durant ce terme , il s’acquitte des œu-vres les plus difficiles, on doit lui ouvrirla carrière : in stadium prodeat. Voilàl’origine bien marquée du noviciat usitéaujourd’hui ; maisrestraint à un temps pluscourt. Voyei NOVICIAT.

A u reste, on y recevoir des gens decondition & de tout âge , même de jeu-nes enfans que leurs parons offroient pourles faire élever dans la piété. Le onzièmeconcile de Tolède avoir ordonné, qu’onne leur fît point faire profession avantl’âge de dix-huit ans & fans leur consen-tement , dont l’tvêque devoir s’assurer.Le quatrième concile de la même villepar une disposition contraire , attachaperpétuellement aux monastères ceux queleurs parens y avoient offert dès l’enfance ;mais cette décision particulière n’a jamaisTome XXII.

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été autorisée par l’église. Les esclavesétoient aussi reçus dans les monastères com-me les libres , pourvu que leurs maîtresy consentissent. Les gens mariés n’y pou-voient entrer fans le consentement de leursfemmes, ni les femmes fans celui de leursmaris , ni les gens attachés à la cour parquelqu’emploi, que fous le bon plaisir duprince.

Tout l’emploi des moines consistoitdans la priere & dans le travail des mains.Les évêques néanmoins tiroient quelque-fois les moines de leur solitude pour lesmettre dans le clergé ; mais ils ceíïòientalors d’être moines , & ils étoient mis aunombre des clercs. S. Jerome distinguetoujours ces deux genres de vie : alia rno-nachorum est cauja , dit-il dans son épi—tre à Héliodore , alia clericorum , clericipafcunt oves , & ailleurs , monachus nondocentis habet officium , fed plangentis ,epifl. 5 p ad Bipar. Quand on leur eutpermis de s’approcher des villes, ou mê-me d’y habiter pour être utiles au peuple ,la plupart d’entr’eux Rappliqueront auxlettres, aspirèrent à la cléricature , & lesirent promouvoir aux ordres , fans tou-tefois renoncer à leur premier état. Ils serendirent alors utiles aux évêques enOrient, & acquirent de la réputation sur-tout dans l’affaire de Nestorius , maisparce que quelques-uns abusèrent de l’au-torité qu’on leur avoit donnée ; le concilede Chalcédoine statua, que les moinesseroient soumis entièrement aux évêques,fans la permission desquels ils ne pour-raient bâtir aucun monastère, & qu’ils se-roient éloignés des emplois ecclésiastiques,à moins qu’ils n’y fussent appel lés parleurs évêques. Us n’avoient alors d’autretemporel, que ce qu’ils gagnoient par letravail de leurs mains, mais ils avoientpart aux aumônes que l’évêque leur fai-soit distribuer, & le peuple leur faisoitaussi des charités. U y en avoit néanmoinsqui gardoient quelque chose de leur pa-trimoine , ce que S. Jerome n’approuvoitpas. Pour ce qui est du spirituel, ils setrouvoient à l’église épiscopale ou à la pa-roisse avec le peuple , ou bien on leuraccordoit de faire venir chez eux un prê-tre pour leur administrer les Sacremens.

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