Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
84
JPEG-Download
 

84 M O L

y en a quelquefois qui ne sortent qued’un côté dans un âge avancé , & que levulgaire appelle par cette raison dents deJa-geJJ'e. Toutes ces dents de la partie posté-rieure des mâchoires , font nommées mo-laires , parce que leur figure & leur dis-position les rendent très-propres à briser,á broyer, & à moudre les aliments lesplus solides, elles perfectionnent ainsi ladivision de ceux qui ont échappé à Fac-tion que les incisives à les canines ontcommencée.

J’ai dit que les dents molaires situéesauprès des canines font ordinairement pluspetites que celles qui en font plus éloi-gnées : en effet , elles ressemblent alorstellement aux canines , que la difficultéde déterminer à quelle espece elles ap-partiennent , est cause que le nombre desdents canines est différemment établi dansquelques auteurs.

II est vrai cependant que les vraies dentsmolaires varient pour le nombre ; il y ena tantôt cinq , & tantôt quatre seulementde chaque côté ; il y en a quelquefoisquatre au côté gauche , & cinq au côtédroit ; ou cinq au côté gauche , & qua-tre au côté droit ; ou cinq à la mâchoiresupérieure, & quatre à Finférieure.

Mais de toutes les dents , ce font lesmolaires qui offrent Je plus de variétépar rapport à leurs racines. Les dentsmolaires qui font auprès des canines , n’ontordinairement qu’une racine ; & on en avu même de plus éloignées , qui n’enavoient pas davantage. II arrive néan-moins qu’elles cnt deux racines séparéesdans toute leur longueur , ou seulementà le. r extrémité ; on remarque encoreque ce s racines fe recourbent tantôt en-dedans, tantôt çn-dehors.

Les dents molaires qui font les plusgrosses , & situées plus en-arriere, ontcommunément deux racines à la mâchoireinférieure : celles d’en-haut en ont tou-jours trois , quelquefois quatre , & mêmecinq. II arrive aussi quelquefois que lesdents molaires d’en-bas, font pourvues dede quatre racines ; ainsi Fou ne peut guerecompter fur le plus ou fur le moins à cetégard.

il y a des dents molaires , dont les ra-

M O L

cines fe touchent par la pointe , & fontfort écartées par la base proche le corpsde la dent. Ce font ces dents qu’on peutappeller dents barrées , íì difficiles &t fídangereuses à arracher , par la néces-sité où l’on est d’emporter avec elles laportion spongieuse de Fos de la mâchoire ,qui occupe Fintervalle des racines.

Quelques dents molaires ont une oudeux racines plates ; chacune de ces racinesplates semble être composée de deux ra-cines jointes semble , & distinguées seu-lement par une espece de gouttière quirégné dans toute leur longueur, & enmarque la séparation. Quelquefois on trou-ve dans le dedans de ces racines ainsifigurées , deux canaux , chacun à-peu-près semblable à celui que l’on voit dansles racines simples & séparées les unes desautres.

II y a des dents molaires à trois & qua-tre racines , qui font fort écartées l’unede F autre vers la base , & qui Rappro-chent en montant vers le corps de la dent»De telles dents font difficiles à ôter , &l’on ne le peut fans rompre F alvéole rpar le grand écartement qu’on y fait. Pourrapprocher autant qu’il est possible cetécartement, il faut presser la genciveentre les doigts, lorsque la dent est ar-rachée.

On voit quelquefois des dents molaires ,,dont les racines font recourbées par leurextrémité en forme de crochet ; alorsces dents ne fe peuvent arracher , fansintéresser Fos de la mâchoire , parce quele crochet entre dans une petite cavitéqu’il faut rompre , pour faire sortir la dentde son alvéole. Quand ce cas se rencon-tre à une des dents molaires ou caninesde la mâchoire supérieure , il arrive quel-quefois que F alvéole ne fe réunit point,& qu’il y reste ur e ouverture fâcheuse.Highmor rapporte à ce sujet un fait sin-gulier. Une dame s’étant fait arracherune der.t de cette espece , il découloít.du sinus fans cesse une humeur séreuse..Cette dame voulant en découvrir F ori-gine , introduisit dans la cavité d’où l’onavoit tiré la dent , un tuyau de plumedélié long de six travers de doigt , Lt le.poussa presque tout entier dans le sinus „