MON
rre : c’est de Talliage de ces deux der-niers que se compose cette matière ou cemétal qu’on appelle billon. Voye\ Mon-NOIE DE BILLON.
Les degrés de bonté de l’or & de l’ar-gent monnoyés , s’estiment & s’expri-ment différemment. Pour l’or , on sesert du terme de karais , & pour Tar-gent, de celui de deniers. Voye\ Karat& Denier.
Plusieurs raisons semblent avoir engagéà ne pas travailler les monnoies fur lefin, & à se servir d’’alliage ; entr’autresle mélange naturel des métaux, la dé-pense qu’il faudroit faire pour les affiner ,la nécessité de les rendre plus durs , pourempêcher que le fret ne les diminue, &la rareté de l’or & de l’argent dans decertains pays.
L’autre chose essentielle à la monnoie ,après la matière , est ce que les Mon-noyeurs appellent la forme , qui consisteau poids de Tespece , en la taille , au re-in ede de poids, en l’imprestion qu’elleporte , & en la valeur qu’on lui donne.
Par le poids , on entend la pesanteurque le souverain a fixée pour chaque es-pece ; ce qui sert, en les comparant, àreconnoître celles qui font altérées ; oumême les bonnes d’avec celles qui lontfausses, ou fourrées.
La taille est la quantité des especes quele prince ordonne qui soient faites d’unmarc d’or , d’argent ou de cuivre.
Le remede de poids est la permissionqui est accordée aux maîtres des mon-noies , de pouvoir tenir le marc d’espe-ces plus foible d’une certaine quantité degrains que le poids juste , ce qui s’appellefoiblage.
Vimpression , qu’on nomme aussi image ,est l’empreinte que reçoit chaque mor-ceau de métal ; la marque qui lui donnecours dans le public, qui le fait devenirdenier de monnayage , en un mot qui lefait piece de monnoie ; marque fans la-quelle il n’est qu’un simple morceau d’or,d’argent ou de cuivre , qui peut bien êtreemployé à divers ouvrages, ou vendu pourune autre marchandise , mais non pas êtrereçu fur le pié de ceux qui portent cetteimpression ordonnée par le souverain.
MON iz;
Enfin la valeur de la monnoie , c’estle pié sur lequel les especes font reçuesdans le commerce, pié différent de léuçprix intrinsèque , à cause qu’outre la va-leur de la matière , les droits du princequ’on appelle feigneuriage , & les frais dela fabrication, qu’on nomme brajjage , ydoivent être ajoutés.
A l’égard de qualités moins essentiel-les , le volume de la monnoie n’est autrechose que la grandeur & l’épaisseur de cha-que piece. La figure, c’est cette forme exté-rieure qu’elle a à la vue, ronde en France Jirréguliere & à plusieurs angles en Es-pagne ; quarrée en quelques lieux des In-des ; presque sphérique dans d’autres ,ou de la forme d’une petite navette enplusieurs.
Le nom lui vient, tantôt de ce quereprésente l’empreinte , comme les mou-tons & les angelots ; tantôt du nom duprince , comme les Louis, les Philippes,les Henris, quelquefois de leur valeur ,comme les quarts d’écus & les pieces dedouze fous ; & d’autres fois du lieu où leselpeces font frappées, comme autrefois lesparisis & les tournois.
Le grenetis est un petit cordon fait enforme de grain, qui régné tout-au-tourde la piece , & qui enferme les légendesdes deux côtés. Outre l’ornement que lespieces, en reçoivent , il rend plus diffi-cile l’aítération des monnoies , qui se faitrpar la rognure. On a depuis ajouté leslégendes, ou les cordonnets fur la tran-che , qui acheve de rendre cette forted’altération impossible.
La légende est Yinjcription qui est gra-vée d’ùn côté autour de l’effigie, & de P au-tre autour de l’écusson , ou qui quelque-fois remplit tout un des côtés d’une piecede monnoie. On vient de dire qn’il y aune troisième légende qui se met sur latranche. La légende de l’effigie contient lenom &les qualités du prince qui y est re-présenté ; les autres font souvent compo-sées de quelque passage de récriture sainte,ou de quelques mots, comme ceux des de--vises, ou même du prix de la piece. On neparle que de ce qui se pratique présente-ment en Europe.
Le millésime marque Tannée que chaque-'