Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
198
JPEG-Download
 

V

i. 9 S MON

MONTER, en fíoijfelerie , c’est cou-vrir l’ouvrage , comme un soufflet, de lacouleur cju’il plaît à Fouvrier de choisir.

Monter, ( Coutelerie.) c’est assem-bler les parties d’un ouvrage , c’estquelquefois emmancher , comme aux cau-teaux de table , & autres instruments sem-blables , c’est ajuster la lame , le ressort& les côtes , & les sixer solidement auxcouteaux de poche ; le monter en généralest une opération qui se fait lorsque toutesles pieces font prêtes, & ce n’est pasune des plus aisées ; c’est en vain qu’unouvrier aura bien forgé , bien limé, bienémoulu , & bien poli toutes les pieces ;inutilement il leur aura donné une belleproportion, s’il leur ôte la grâce, ou s’ilgâte le tout par un mauvais assemblage.

MONTER , en terme de Layetìer , c’estassembler toutes les parties d’une piece ,& en faire le tout que Fouvrier s’étoitproposé.

Monter a cheval , Y art de , ( Artsmodernes. ) Voye\ Cheval , Equita-TION , MANEGE.

C’est assez de dire ici que Benjamin deHanniquez introduisit le premier à la courde France , sur la fin du xvj. siecle, lesrudiments de Fart de monter à cheval.

Le sieur Pluvinel , gentilhomme duDauphiné , ouvrit ensuite à la noblessedu royaume des leçons de cet art, qu’ilavoit apprise lui-même á Naples , fousJ. B. Pignatelli. A son retour Henri deFrance , duc d’Anjou , le fit son premier-écuyer ; ensuite Henri IV. lui donna ladirection de sa grande écurie : après lamort de ce prince il mit à cheval LouisXIII. & mourut à Paris en 162.0 , ayantdonné au public son livre de Y art duManege.

Soleisel ( Jacques de ) , gentilhomme duForez , né dans une de ses terres , en1617 , suivit l’inclination qu’il avoit pourle manege, & en montra les exercicesavec un grand succès : c’est lui qui estFauteur du parfait Maréchal , livre ori-ginal de son temps, & qui brilloit encorefous Louis XIV. Il a austì augmenté lebeau livre du manege de M. le duc deNevcastle, dont il adopta la méthode : ilMourut en 1680 , âgé de 65 ans. (D. J.

M O N

Monter a cheval , Monter uncheval ( Grarn. ) quand on va d’un lieuà l’autre , ou que l’on s’exerce dans unmême lieu , fans avoir égard à la qua-lité du cheval : on dit monter à cheval jje montai hier à cheval avant le jour ;il monte tous les matins à cheval ; les mé-decins lui ont ordonné de monter à che-val pour fa santé. Quand on a égard à laqualité du cheval , & qu’on parle d’uncheval , ou de plusieurs chevaux parti-culiers , on dit monter un cheval , jen’aíjamais monté de cheval plus rude ; lesacadémistes de la Guériniere montent d’ex-cellents chevaux ; je montai hier un che-val d’Espagne admirable. ( D. J.)

Monter sur sire , opération demetteur-en-œuvre , qui consiste à assem-bler toutes les pieces d’un ouvrage quel-conque , & à les ranger fur la cire, selonFélévation & l’inclination qu’elles doiventavoir toutes montées. II y a fort peud’ouvrages de metteur-en-œuvre qui neíbit composé d’un-nombre considérable departies séparées , quelquefois même demétaux différents , tels que les aigrettes,les nœuds, les colliers , &c. dans lesquelssouvent il y a des pierres de couleurs en-tremêlées , & à qui il faut des sertistùresd’or. L’ouvrier prépare séparément tousles morceaux de son ouvrage , conformé-ment à son dessein, & lorsque tous leschatons & ornemens font disposés, il prendune plaque de tôle , fur laquelle il y aun bloc de cire ; on donne à cette cireavec Fébauchoir la forme en relief dudessein ; sur ce bloc ramolli Fou vrier posetoutes ses pieces , chatons, ornements,&c. chacune dans Fordre qui lui est assi-gné ; il donne à chacune d’eíles l’éléva-vation ou F inclinaison qu’elle doit avoiren les enfonçant plus ou moins dans lacire ; & de cette opération dépend le goût& la grâce d’un ouvrage , parce qu’il nefort plus de-là que pour être mis en terre,voye\ Mettre en terre , pour êtrearrêté par la soudure ; & que toutes cespieces une fois soudées, il n’est pas pos-sible d’en changer le mouvement.

MONTER , en terme (Torfevre, on dit'monter un ouvrage , quand on assembleôç qu’on joint toutes les pieces par le