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Tome vingt-deuxième.
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M O R

de tems. La morue est nn poisson très-goulu & insatiable ; il lui arrive souventd’avaler des corps absolument indigestes ,comme des morceaux de bois. La morueblanche , la ‘morue verte & la merluchene différent que par les différentes façonsde préparer les cabeliaux ; la merluche estune morue desséchée. Les morues que l’onpêche dans la haute mer à 40 ou 50 brassesde profondeur , font meilleures , plus ten-dres & plus délicates que celles que l’onprend fur les côtes & dans les golfes peuprofonds. Suite de la mat. med. par MM.de Nobleville & Salerne , régné animal ,tome II. part. I. V. POISSON.

MORUE, ( Pêche. ) II y a deux sortesde morues , í’une qui s’appelle morue verteou blanche , l’autre morue Jeche ou parée ;ou merlu , ou merluche. La pêche s’en faitdans la baie de Canada , au grand banc deTerre-neuve , le banc Vert, l’ile Saint-Pierre 6 c l’ile de Sable. On fe sert de vais-seaux à deux ponts ordinairement, du portde 100 à 150 tonneaux , pour charger 30á 35 milliers de morue verte. On a des li-gnes , des calus de plomb , des hameçons& des rets ; il faut avoir un bon tranchent,nn bon décoleur & un bon faleur. On attri-bue la découverte du grand & petit bancdes morues à des pêcheurs basques qui y ar-rivèrent en poursuivant des baleines , centans avant le voyage de Colomb. On pêchedepuis le commencement de Février juí-qu’à la fin d’Avril ; tout est fait en unmots ou fix semaines , quelquefois on em-ploie quatre à cinq mois. Chaque pêcheurne pêche qu’une morue à la fois ; mais onen prend depuis 330 jusqu’à 400 par jour.La pesanteur du poisson & le grand froidrendent ce travail fatiguant. La morueverte fe sale à bord ; le décoleur lui coupela tête , le tranchent i’ouvre, le faleurJ’arrange à fond de cale tête contre queue& queue contre tête. Quand il en a fait unecouche d’une brasse ou deux en quarté, illa couvre de sel, & ainsi de toute la pêchedu jour. II ne mêle point ensemble la pê-che de différons jours ; il laisse aussi lamorue trois à quatre jours égoutter son eau,puis il l’a fait place, dans un autre endroit,& la relaie. Alors on n’y touche plus que levaisseau n’enait fa charge.

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Pour la pêche de la morue feche on fesert de vaisseaux de toute grandeur ;quand la pêche est faite , on laisse le pois-son au soleil : ainsi il faut profiter de Pété ,& partir dans les mois de Mars ou d’Avril.La morue feche est plus petite que la verte;pour préparer la premiere , on établit àterre une tente avec des troncs de sapins de12,15 à 20 pies de longueur, & dans cettetente un échafaud de 40 à 60 pieds delong, fur 15 à 20 de large. A mesureque l’on pêche , on sale fur des établisvolans ; mais la grande salaison fe faitfur l’échafaud. Lorsque la morue a prissel, on la lave , on l’a fait égoutter fur despetits établis ; égouttée, on l’arrange sui-des claies particulières à une feule épaisseur,queue contre tête ; & la peau en haut : onla retourne quatre fois par jour ; retournée& à peu près léchée , on la met en mou-tons ou dix à douze l’unefur l’autre , pourqu’elles conservent leur chaleur. De jouren jour on augmente le mouton qu’onporte à vingt ou vingt-cinq morues : celafait, on la porte fur la greve , où de deuxmoutons on n’en forme qu’un , qu’on re-tourne chaque jour. On la relaie en com-mençant par la plus vieille salée : on en taitdes piles hautes comme des tours de mou-lin à vent, & on la laisse ainsi jusqu’à cequ’on l’embarque. Elle s’arrange dans levaisseau fur des branches d’arbres que l’onmet à fond fur le leste , avec des nattesautour. Les Basques ík les Malouins fontles plus habiles pêcheurs de morue..

MORVE, f. f. ( Pftyfiol. ) nom vul-gaire de l’humeur aqueuse & gluante qui sefiltre dans la membrane pituitaire ; c’e/lcette humeur que les médecins appellentmucosité du nez, mucus narium. VoyeçMucosité du nez.

Morve , f. f. ( Maréchal. ) maladieparticulière aux chevaux.

Pour rendre plus intelligible ce que l’onva dire liir la morve , & furies différonsécoulemens auxquels on a donné ce nom ,il est à propos de donner une descriptioncourte & précise du nez de l’animal & deses dépendances.

Le nez est formé principalement pardeux grandes cavités nommées fossés nasa-les , ces losses font bornées antérieurement