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Tome vingt-deuxième.
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pays de montagnes, il est incontestableque le vent, la pouílìere, ou le soleil;les cris, le bruit & la fumée qui sont iné-vitables ; le mouvement perpétuel & lesinégalités du terrain qui font que les sol-dats s’entreheurtent , & qui changentTordre & l’union des différentes partiesd’une troupe & l’exposent à se rompre ;ìa vivacité avec laquelle le soldat chargeson fusil, qui est cause qu’il répand sou-vent la moitié de sa cartouche, ou qu’ilne la pouíïe pas au fond du canon ; le ca-non qui devient brûlant Ôc crasseux à forcede tirer ; la platine qui se déíseche & sedétraque, ou dont la batterie ne donneplus de feu ; enfin Tardeur qui échauffetoutes les têtes, & les étourdit ; tout celaconcourt évidemment à déranger la justessedu tir, & à diminuer considérablement lefeu & son effet. „ Rien, selon le maréchal>1 de Saxe ( Mes Rêveries , liv. /, chap. z. )k n’est si fin, ni si facile â déranger que,, f effet de Tarme à feu. J’ai vu, dit cetn auteur, ( Ib. chap. i , art. 6 . ) des salves„ entieres ne pas tuer quatre hommes M .11 rapporte qu’à la bataille de Belfegrade,il a vu tailler en pieces deux bataillons enun instant, après avoir fait leur déchargeà trente pas fur un gros de Turcs qui lesattaquoit. 11 ajoute, après avoir donné ledétail de cette action., qu’il s’amusa àcompter les morts, & qu’il ne trouva pastrente-deux Turcs tués de la décharge gé-nérale de ces deux bataillons : », Ce qui,n dit-il, n’a pas augmenté Testime que>) j’ai pour le feu de ['infanterie

A Malplaquet, où on estime qu’il yeut 1800,000 coups de fusil de tirés ,fans compter les coups de canon, la tota-lité des tués & des blessés des deux partisfut au plus de 30,000 hommes. » Mais,„ dit Folard , qui étoit à cette bataille ,t » combien les alliés perdirent-ils de monde» par le fçr à la gauche , & dans la sortie„ de la droite " ?

A la bataille de Czaílau où les Prussiensfirent un feu prodigieux , leurs ennemisperdirent à peine deux mille hommes.

La ligne pleine des Prussiens, à Rof-bach, qui nous fuivoit de près faisant unfeu continuel, ne nous çausa pas une Lran-

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de perte ; du moins, le champ de batailleque nous eûmes occasion de parcourir lelendemain de l’alfaire , étoit très-clair se-mé de morts & de blessés.

Souvent même on a vu des troupes faireleur décharge de pié ferme fans effet. ACalcinato , les Prussiens que nous citonsvolontiers , parce que leur infanterie passepour celle de l’Europe qui tire le mieux ,firent une de ces décharges fur la brigadede Piémont, quoiqu’ils fussent postés furun plateau & qu’ils eussent Tavantage fur| cette brigade qui alloit à eux en montant '{&si cela arrive à de telles infanteries,com-bien à plus forte raison à la nôtre qui n’ani le phlegme, ni le bon ordre des Alle-mands. Quelquefois un coup de fusil lâchépar accident, fait partir fans utilité & fortà contre-temps, tout le feu d’une troupe.» II ne faut , dit fauteur des Rêveries ,» ( Lettre à M. d' Argenson , mes Rêveries ,j », tome II. ) , qu’un leul coup en présenceI », de Tennemi pour faire tirer un bataillon,», une brigade , une ligne, une colonne en-,, tiere: je n’ai que trop de ces exemples à„ citer,&nos militaires n’ensauroientdiscon-„ venir. A la seconde bataille d’Hochstc-t,», vingt-deux bataillons qui étoient au cen-», tre, tirèrent en l’air, & furent dissipés», par trois escadrons ennemis qui avoient; » passé le marais devant eux ». Nos colon-I nés d’infanteries à Rosbach, marchant auxennemis, firent leur décharge en Tair parquelque incident de cette espece.

Nous croyons pourtant, comme le ditle maréchal de Puyfégur ; qu’une décharged’infanterie faite de près, â propos & pardes gens fermes, peut faire tomber beau-coup de monde. Nous ne sommes pasmoins persuadés que le feu d’une troupepeut être soumis i une théorie ; mais cheznous il ne s’exécutera jamais que par hasard& machinalement. Un assez grand nombrede batailles & d’actions de guerre auxquellesnous nous sommes trouvés, ne nous per-mettra jamais de penser autrement. Folardqui avoir fait la guerre avec application %étoit de ce sentiment. " On a beau, dit-il,apprendre aux François fart de tirer parpelotons, & d’augmenter leur feu , toutcela ne leur fera qu’une occasion de ruine,Ilî pourront réussir dans la théorie & deIíkk z