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Tome vingt-deuxième.
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La liqueur muqueuse des narines couleen grande quantité quand on est enrhumé ;car si on est saisi de froid, les vaisseauxqui se répandent au dehors de la tête fontfort resserrés , la transpiration y cesse ;ainsi la matière qui coule dans les vaisseauxqui vont à la tête, est obligée de se porteren plus grande quantité vers le nez : alorsil arrive une petite inflammation à la mem-brane pituitaire ; la quantité de sang , legonflement des vaisseaux, fait que Phumeur§ç filtre en plus grande quantité.

De même que le froid cause un écoule-ment dans le nez , la chaleur excessive leproduit aussi ; les parties externes de latête ayant été fort raréfiées par la chaleur,le feng s’y porse en plus grande abondance,& engorge les vaisseaux ^ cet engorgementforme un obstacle au sang qui suit, lequelse trouve obligé de se rejeter dans ses ar- ,teres de la membrane pituitaire ; mais ilfaut remarquer que cet écoulement arrivefur-tout , si l'on se découvre la tête dansun lieu froid , quand on a chaud ; alors 1eresserrement subit qui survient dans lesvaisseaux pleins, ses engorge davantage, &le sang arrêté d’un côté , reflue plus abon-damment dans un autre.

Dès que l’écoulement cesse, on ne peutse moucher qu’avec difficulté ; cela vientde ce que ses membranes qui fe font fortgonflées durant cet écoulement, retien-nent dans leurs détours la mucosité , lors-qu’elíe ne couse plus en si grande quantité ;durant ce temps-là , la partie aqueuse s’enexhale , & il reste une matière épaisse quibouche le nez.

Lorsqu’on use de quelque poudre acre &subtile , elle fait couler îa mucosité des na-rines ; cela vient de ce que ses parties decette poudre Rappliquent aux nerfs, &í’irritation qu’elles y produisent arrête 1esang dans les vaisseaux de la membrane pi-tuitaire , & en exprime une plus grandequantité d’seumeur ; enfin ses poudres quifont éternuer agissent comme ses pur-gatifs.

Quand nous éternuons, il couse de mêmeplus de mucosité de la membrane pituitaire ;à la cause que nous venons d’en donner , ilfaut joindre celle de f agitation des nerfs,

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qui étranglent ses vaisseaux de îa membraneschnéidérienne, & en expriment l’humeurmuqueuse ; cette humeur exprimée étantdescendue , Pair qui sort avec impétuositédans l’expiration , enleve ce qu’il en ren-contre dans son chemin.

Les anciens médecins, & plusieurs mêmeparmi ses modernes, ont «ru que la pituitetomboit du cerveau , mais il n’y a pas depassage du cerveau dans 1e nez. Ceux quissetoient imaginés que la glande pituitairequi est fur la selle sphénoïdale se déchargeaitdans 1e nez, ne savoient pas que les liqueurs> qu’on injecte dans cette glande, se rendentdans les veines jugulaires ; pour ce qui re-garde ses trous de l’os cribleux , il n’est paspossible que la pituite puisse y passer ; cestrous ne donnent passage qu’aux nerfs &aux petits vaisseaux qui accompagnent cesnerfs ; c’est par ces petits vaisseaux que lesang peut venir quelquefois du cerveau dansses hémorrhagies.

L’humeur muqueuse du nez étoit d’unenécessité absolue ; elle arrête dans l’inspi-ration les matières grossières dont l’air estchargé , & qui pourroient incommoder sespoumons ; elle défend ses nerfs olfactifsdes matières trop acres , elle les empêchede se dessécher en les humectant : par-làces nerfs qui font nuds, & exposés auxinjures de l’air , conservent à tout âge unsentiment vif dans Ia membrane pituitaire.

On voit donc que l’intention de la nature,en vernissant ses narines de ce Unimentgras, que nous appelons mucosité , est d’é-mousser les âcretés, d’en empêcher la prisesur les nerfs ; enfin de diminuer les frotte-mens & l’usement qui s’ensuit. C’est pourtoutes ces raisons & pour plusieurs autres,qu’il ne s’agit pas de détailler ici, que sespassages de l’air , des alimens, des urines »la vessie , l’urethre , le vagin , l’utérus ,ses parties génitales externes, &c. abondenten ces fortes de cryptes muqueuses. Pour-quoi ce matelot se frotte-t-il ses mains dematière grasses & tenaces ? c’est pour fairefa manœuvre avec plus de facilité & defureté ; fans cet intermède onctueux , sesmains seroient brûlées par la vivacité desfrottemens ; tant il est vrai que 1e bon artn’est qu’une imitation de la nature. Quelsrangemens ! quelle inflammation 1 quel