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Tome vingt-deuxième.
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MUS

ressort du muscle en contraction est sanseffet, parce qu’on peut regarder ce musclecomme une corde qui tire au poids versson point d’appui : d’ailleurs plusieursmuscles sont placés dans l’angle formé pardeux os dont l’un leur sert de point d’ap-pui pour mouvoir l’autre ; ils se fléchissent 1donc lorsque cet os est en mouvement ; unnouvel effort doit alors mouvoir ces cordesfléchies : plusieurs muscles passent par-dessus quelques articulations & les fléchis-sent toutes un peu , de forte que la pluspetite partie de Peffet de cette action estréservée pour fléchir une articulation par- (ticuliere : les fibres musculaires elles-mêmesforment très-fouvent avec leur tendon desangles qui leur font perdre une grande par-tie de leur force , & ce qu’il en reste est àla force totale dans le rapport du sinus desangle d’insertion , au sinus total. Enfin lesmuscles meuvent les poids qui leur son t oppo-sés avec une grande vitesse ; & non seule-ment ils emploient assez de force pour lebalancer, mais ils en emploient même assezpour les élever.

Toutes ces pertes compensées, il paroîtfjue la force des muscles en action est très-grande , & qu’elle ne peut se déterminerpar aucun rapport méchanique , son effetétant presqu’un soixantième de tout l’effortdu muscle, & que quelques muscles dont lepoidsn’est pas considérable, peuvent éleverlin poids de mille livres , & l’élevent avecune grande vitesse. On ne doit pas moinsadmirer la sagesse du créateur, car cespertes font compensées par d’autres avan-tages ; par la justesse du corps, par le mou-vement musculaire , par la vitesse nécessaire,par la direction des muscles, avantages quitous contraires , demandoient une com-pensation méchanique ; mais on conclutde-là que faction des esprits animaux esttrès - puissante , puisqu’eîle peut dans unorgane si petit , produire assez de forcepour soutenir un poids égal à quelquesmilliers de livres pendant long - temps ,même pendant des jours entiers : & il neparoît pas qu’on puisse l’expliquer autre-ment que par la vitesse incroyable avec la-quelle ce fluide fe porte dans toutes cesparties, lorsque nous le voulons, quoi qu’ontr® puisse pas dire d’où vient cette vitesse ,

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& qu’il suffise qu’ily ait une loi déterminée,suivant laquelle le suc nerveux soit nouvel-lement poussé avec une vitesse donnée sui-vant une volonté donnée. Voy. Nerveux& Esprit.

Les muscles antagonistes facilitent le relâ-chement des muscles dans leur action danstoutes les parties du corps humain ; chaqu.»muscle est balancé ou par un poids opposé,ou par son ressort, ou par un autre muscle,ou par un fluide qui fait effort contre lesparois du muscle qu’il presse : cette causequelle qu’elle puisse être , agit continuelle-ment , même lorsque le muscle est en action ,& que cette vitesse qui provient du cerveauest ralentie , & elle rétablit les membresou les autres parties quelconques dans unétat tel qu’il y ait équilibre entre les mus-cles & la cause opposée : toutes les foisque l’antagonisine dépend des muscles ,aucuns ne peuvent fe contracter fansétendre leur antagoniste ; d’où il fuit queles nerfs distendus & le sentiment dou-loureux leur font faire de plus grandsefforts pour reproduire l’équilibrc ; c’estaussi la raison pourquoi les muscles fléchis-seurs étant coupés, les extenseurs doiventagir même dans le cadavre , & réciproque-ment.

Mais il y a d’autres moyens qui rendentle mouvement musculaire juste , sûr &facile. Les grands muscles longs , par lemoyen desquelsse font les grandes flexions,font renfermées dans des gaines tendi-neuses , fermes , que d’autres muscles ten-dent & tirent, de maniéré que pendantque les membranes font fléchies, le musclereste étendu & appliqué sur los, ce quis’oppose à la grande perte qui se feroicdes forces. Les tendons longs, courbés &étendus fur les articulations fléchies dansleur mouvement, font reçus dans des efpe-ces de coulisses particulières dont les ca-naux font lubréfiés, & ces coulisses forti-fient les tendons fans les priver de leurmouvement, & les empêchent de s’écar-ter & d’être refroidis fur la peau , ce quiles rendroit douloureux , & leur feroit per-dre leur mouvement. Les muscles perforésfont les mêmes fonctions dans d’autres par-ties , dans celles où les tendons font placésau-tour des éminences des os, pour s’infé-Eeee 1