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Tome vingt-deuxième.
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mais à parler franchement , je ne vois pasque le succès réponde aux efforts de nosmusiciens. D’ailleurs , & ceci s’adresse par-ticulièrement à la musique françoise , quelsmoyens employons-nous pour cela ? unseul, c’est le mouvement : on le ralentitdans les airs graves : on le presse dansles airs gais. Faites un air quelconque ; levouîez-vous tendre ? chantez-le lentement,respirez fort, criez ; le voulez vous gai ?chantez-le vite , en marquant la mesure ;voulez-vous du furieux ? courez à perted’haleine. Le sieur Jelictte a mis à la modedes airs plats & triviaux du pont-neuf ; ilen a fait des airs tendres & pathétiques ,en les chantant lentement avec le goûtqu’on lui connoît. Au contraire , j’ai vuune musette fort tendre des taîens lyriquesdevenir insensiblement un aífez joli menuet.Tel est le caractère de la musique françoise ;variez les mouvemens , vous en ferez cequ’il vous plaira , Fret avis , & cum volet,arlor . Mais les anciens avoient aussi cettediversité de mouvemens, & ils avoient deplus pour tous les caractères, des réglésparticulières dont l’effet se faisoit sentirdans la mélopée.

Que veux-je conclure de tout cela? quel’aucienne musique étoit plus parfaite queîa nôtre ? nullement. Je crois au contraireque la nôtre est fans comparaison plussavante & plus agréable ; mais je crois quecelle des Grecs étoit plus expressive & plusénergique. La nôtre est plus conforme à!a nature du chant : la leur approchoit plusde la déclamation ; ils ne cherchoient qu’àremuer famé , èc nous ne voulons queplaire à f oreille. En un mot, l’abus mêmeque nous faisons de notre musique ne vientque de fa richesse ; & peut-être fans lesbornes où l’imperfection de celle des Grecsla tenoit renfermée , n’auroit-elle pas pro-duit tous les effets merveilleux qu’on nousen rapporte.

On a beaucoup souhaité de voir quelquesfragmens de l’ancienne musique , le P. Kir-cher & M. Burette ont travaillé à satis-faire lá-deffùs la curiosité du public. Ontrouvera dans nos ?/. àe musique deux mor-ceaux de musique grecque traduits fur nosnotes par ces auteurs. Mais quelqu’un auroit-4} l’ipjustice d« YQulçir juger de fane renne

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musique fur de tels échantillons ? Je lessuppose fideles, je veux même que ceuxqui en voudroient juger connoiffent suf-fisamment le génie de la langue grecque ;qu’iîs réfléchissent pourtant qu’un italienefì juge incompétent d’un air îrançois, &qu’iís comparent les temps & les lieux. On aajouté dans la même planche ; un air chinoistiré du pere du Hasce ; & dans une autreplanche, un air persan tiré du chevalier Char-din ; & ailleurs, deux. chansons des sauva-ges de l’Amérique, tirées du P. Merscne*On trouvera dans tous ces morceaux uneconformité de modulation avec notre mu-sique, qui pourra faire admirer aux uns labonté & i'universalité de nos reg'es, &peut-être rendre suspecte à d autres lafidélité ou l’intelligence de ceux qui ooetransmis ces airs.

La maniéré dont les anciens nettoientleur musique étoit établie fur un fondementtrès-simple, qui étoit les rapports des sonsexprimés par des chiffres ou ce qui est la.même chose , par les lettres de leur alpha-bet, Mais au lieu de sc prévaloir de cetteidée pour sc borner à un petit nombrede caractères faciles à concevoir , ils scperdirent dans une multitude de signesdifférens, dont ils embrouillèrent gratuite-ment leur musique.. Boëce prit dans I’ai-phabet latin des caractères corresponaansà ceux des Grecs, Grégoire le grand per-fectionna fa méthode. En 1024 Guy d’A-rezzo , bénédictin , introduisit l’usage desportées ( vvyei PORTÉES ) , fur les lignesdesquelles il marqua les notes en forme depoints, désignant par leur position i’élé-vation ou Rabaissement de la voix. Kir-cher cependant prétend que cette inven-tion étoit connue avant Guy : celui-ci in-venta encore la gamme, & appliqua auxnotes de l’échclle les noms tirés de 1 hymnede saint Jean-Bapciste , qu’elie conserveencore aujourd’hui. Enfin cet homme , népour la musique, inventa, dit-on, diffé-rens instrumens appelés polypeâra, tels quele clavecin, épinttie, &C. Ú oye\_ NOTES ,Gamme.

Les signes de la musique ont reçu leur der-niere augmentation considérable en 1330»selon l’opinion commune. JeanMuria, 01*ds Mûris, ou de Meurs, «Lctcuï de Paris»