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Tome vingt-deuxième.
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6no MUS

Si l’on regarde à présent la machine hu-maine comme douée d’une sensibilité ex-quise , quelle activité la musique n’emprun-tera-t-elle pas de là ? ne concevra-t-onpas facilement que ses effets doivent aug-menter aulsi , si l’on fait encore attentionque Pair y est continuellement avalé, inspire,absorbé , qu’il est contenu dans toutes noshumeurs, qu’i! est ramassé fous forme &avec les propriétés de l’air dans l’estomac,les boyaux, & même dans la poitrine, en-tre les côtes & les poumons, il prend lenom á’air interthorachique : ne verra-t-onpas dans les efforts que fait Pair intérieur,pour se mettre en équilibre avec Pair exté-rieur , & pour partager ses impressions,une nouvelle raison des effets de ía musiquesVoyez encore a Varticle AlR , aâion de /’,combien le corps se ressent des change-mens d’un fluide qui lui devient si propre,Lc qui est si intimement lié à fa natureajoutez à cela, s’il est permis de mêlerl'hypothèse aux faits démontrés, que lefluide nerveux passe pour être d’une naturefort analogue à ceîle dej’air ; tous ceseffets peuvent concourir à faire naître dansle corps cette sensation agréable qui cons-titue le plaisir, effet de la musique.

z Q . II n’est pas nécessaire d’être con-noiffeur pour goûter du plaisir lorsqu’onentend de la bonne musique , il suffit a’êtresensible; la connoissance & Pamour, oule goût qui la suivent de près, peuventaugmenter ce plaisir; mais ne le font pastout : dans bien des cas au contraire ils lediminuent : Part nuit à la nature ; la mus-que est un assemblage , un enchaînement,une fuite de tons plus ou moins différons ;non pas jetés au hasard & suivant le ca-price d’un compositeur , mais combinéssuivant des réglés constantes, unies &variées suivant les principes démontrés dePharmor.ie, dont tout homme bien orga-nisé porte en naissant une espèce de ré-glé; ils font sûrement relatifs à l’organi-f'ation de notre machine , & dépendent oude la disposition & d’un certain mouve-ment déterminé des fibres de Poreille ,ou d’un amour naturel que nous avonspour un arrangement méthodique. Voye çMusique, Harmonie, &c. Mais il faut•sabord une certaine proportion entre lçs

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tons & Poreille ; il y a une basse au dessousde laquelle les tons ne íauroient affecteragréablement, ou même être entendus ,& une octave qu’ils ne peuvent dépasser ,fans exciter dans Poreille une fâcheuse sen-sation. j". L’union des tons intermédiairesrenfermés entre ces deux extrêmes, doitêtre telle qu’on puisse appercevoir facile-ment le rapport qu’ils ont entr’cux : leplaisir naît de la consonnance, & il est par-ticulièrement fondé sur la facilité quel’o-reille a à la saisir. 4^. Les mesures doiventêtre bien décidées & distinctes ; on ne peutgoûter la musque que lorsqu’on les apper-çoit bien, qu’on les fuit machinalement ;le corps y obéit & s’y conforme par desmouvemens du pié , des mains, de la tête,& faits fans attention & fans la participa-tion de la volonté, & comme arrachés parla force de la musique. II y a des person-nes mal organisées qui ne savent distinguerni ton ni mesure, ils n’entendent qu’unton fondamental; la musque n’est pourelles qu’un bruit confus, ennuyeux , & sou-vent incommode, elles ne sauroient ygoûter le moindre plaisir; il y en a d’au-tres qui sont ou naturellement, ou pardéfaut d’habitude & de connoissance ,dans le cas de ceux qu’on dit avoir Poreilledure: peu affectés de ces morceaux déli-cats où la mesure est enveloppée, où ilfaut presque la deviner, & être accoutu-més à la sentir, ils ne font sensibles qu’àdes mesures bien marquées , à des airs biendécidés : semblables à ces personnes quien examinant des tableaux, veulent furtoute chose que le portrait ressorte bien ;ils seront souvent auísi satisfaits d’tin por-trait bien ressemblant, fait avec le pastel,que d’un tableau exécuté avec les couleursles plus vives, animé d’un coloris bril-lant, & où il arrive cjue l’éclat souventdérobe la figure: il saur à ces gens-là desairs vifs, gais, animés, qui remuent for-tement des ressorts que la nature, lùisage& Phabitude n’omt pas faits assez subtils ;des mesures à deux & à trois temps leurplaisent beaucoup , ( en général des me-sures à cinq temps ne font pas plaisir ) ;des tons aigus les affectent beauroup plusque les graves, quoique ceux-ci soient lesvrais ton. í harmoniques, le fondement de