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Kere à ses armes, & cet usage s’eíl con-servé.
Nantes n’a pas été trop fertile en gens cielettres, du-moins ma mémoire ne m’enfournit que deux dans le sied s passé, j'en-tends M. le Pays Sc M. de la Croze. ( a )Pays ( René le), poste françois, naquit àNantes en i 6 } 6 . Son esprit étoit aisé , vit
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& agréable il composoit en vers 8c en proseavec facilité. En 1664. il publia deí lettres& des poésies fous le titre d’ amitiés, amour s& amourettes. II prit en galant homme laraillerie de M. Despréaux : Sans mentir lePays est un bouffon pla.fant ! Et il écrivit deGrenoble , ou il étoit alors, une lettrebadine & assez jolie fur ce sujet. II sic plus ;
( a ) Ils seront confondus ces détracteurs jaloux ,
Qui pensent que les arts font étrangers che\ nous ,
Et qu’au commerce seul, bornant notre industrie ,
La bourse en tous les temps fut notre académie,
Abeillard , le Bouguer , & cent autres Nantais ,
Pour venger cette injure élèveront leurs voix ,
Et , fans vous évoquer , mânes de ces grands hommes ,
Nous en avons encor dans le Jìecle oh nous sommes.
Mais votre modestie , auteurs contemporains ,
En m’imposant fìlence , arrête mes desseins.
Que la postérité pour vous plus équitable ,
Vous donne dans l’histoire une place honorable.
Justifions les vers d’un citoyen zélé de Nantes , par l’énumération suivante :
Pierre Abeillard, ce fameux & infortuné docteur , aussi connu dans l’Europe savante par sonbeau génie que parles malheurs & les persécutions de toute espece qu’il eíluya pendant sa vie ,naquit à quatre lieues de Nantes , au village de Pallet, non Palais comme le dit M. l’Advocatqu’une mort prématurée vient d’enlever au moment qu’il alloit jouir des honneurs académi-ques qu’il avoir fi bien mérités. On a ses écrits , publiés en 1616 , in-tf. avec des notes. Nosmeilleurs poètes ont mis en vers ses Epîtres trop libres à Héloïfe. M. Colardeau est celui de nospostes qui ont transmis avec le plus de succès VEpître de Pope , en notre langue : on y trouvetous les charmes de la poésie; & ce sujet si riche , le Combat de la nature & dé la grâceest rendu par le traducteur de maniéré à balancer l’original : M. Feutry s’est aulli exercéavec succès fur le même sujet : M. de Beauchamp , long-temps avant , avoir aussi mis envers les deux Epîtres d’Héloise. M. Guist fit imprimer en 1752. un ouvrage dramatique furle même sujet : on y trouve , comme dans les Lettres , de la passion , du feu , & les chocsviolens de l’amour profane & de l'amour divin , qui font le mérite du sujet.
M. Dorât, dans ses Fantaisies , imprimées en 1768 , peint le malheureux Abeillard avecdes traits de feu :
" Son existence, toute orageuse , toute pénible , toute horrible qu’elle fut , me semble" dit-i! , préférable à celle de ces érudits orgueilleux , qui croient reculer les limites dé» l’esprit humain , en posant les bornes d’un lieu ; achetent du sacrifice de leurs passionsu le droit d’être insensibles pour les autres , & ne laissent en entrant dans le tombeau, qué» des noms qu’on abhorre , & des volumes qu’on ne lit plus. » *
Pierre Bouguer, l’un des plus grands mathématiciens de l’europe, naquit, en 1698 , auCroisic , petite ville à quinze lieues de Nantes , & dans le comté Nantois; après avoir remportéquatre prix , l’académie des sciences l’adopta en 1731.
II fût en 173j au Pérou, pour déterminer la figure de la terre: la relation de sonvoyage est dans |es Mémoires de l’académie des sciences, année 1744- Son Traité de lanavigation , son Mémoire fur la mâture des vaisseaux , son Estai d’optique , passeront à lapostérité.
Les MM. Barin de la Galissoniere , pere & fils , morts Iieutenans-généraux des arméesdu roi, étoient nés dans le même endroit que l’inforruné Abeillard : on fait de quellegloire se couvrit M. de la Galissoniere , mort depuis peu , très-regretté des bons Françoisen battant l’amiralByng, & facilitant la conquête de Minorque. ' *
M. l’abbé Barin , mort grand’chantre de la cathédrale, poète & prédicateur , est auteurde la Vie de la bienheureuse Françoise d’Amboise , femme de Pierre II, duc de Bretagne ,fondatrice des bénédictines de* Coiiets , à la canonisatipn de laquelle on travaille à Rotne 'Tome XXII, ' Ssss