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Tome vingt-deuxième.
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gu plus à découvert. Ils font plus nom-breux dans le pénis, ils font presque nuds,dans le gland ; auííì est-il le íiege d’un sen-timent très-vif. Il en est à-peu-près demême de la langue , qui à la vérité n’estpas susceptible d’une volupté aussi vive,mais qui cependant sent vivement, quigoûte du plaisir, & qui a, outre le tou-cher , son sens particulier. Le sentiment estvif encore dans le nez, & même dansFestomac & dans les intestins : la feulenudité des nerfs est la cause du sentimentexact des intestins, car leur nombre n’estpas considérable.

L’effet de cette nudité est extrêmementsensible dans la peau. Couverte de F épi-démie , elle sent peu j cette pellicule en-levée & -la peau découverte , elle est ex-trêmement sensible, & le moindre frotte-ment lui cause de la douleur.

L’instammation augmente de même lasensibilité. La peau dont .je viens de par-ier , assez peu sensible dans son état na-turel , le devient extrêmement par Fin-tìammation. Un œil enflammé ne supportepas le jour & volt de nuit, parce qu’il estsensible à une lumière trop foibîe pouraffecter un œil bien constitué. II y a unétat des nerfs qu’il ne convient pas d’ap-pell.r tension , car aucun nerf n’est tendu ,'snais dans lequel le sentiment est exalté.Il y a des hypochondres qui ne suppor-tent qu’avec peine le moindre air. L’hy-drophobie rend les sons &. les couleursun peu fortes, insupportables. M. Albinusîe cadet a infiniment souffert d’une exal-tation de Fouie , il entendoit des chevaux’qui paíiòient à une grande distance deson séjour , le chant d’un coq, le moin-dre cri étoit un supplice pour lui. On aremarqué que dans les îles des tropiques,les plus petites blessures ont été suivies deconvulsions & du spasme cynique.

1 Le nerfíent seul, mais il ne sent pastout entier. L’enveloppe celluíeuse ne sentrien, elle a quelquefois soutenu l’eau ré-gale , sans que le nerf en ait souffert ;mais le scalpel qui perçoit l’enveloppe ré-veillait le sentiment de la pulpe médul-laire. M. Ràvaton a vu les nerfs s’cxsolierfrar des coups de feu , &t le sentiment &'k mouvement rester en entier.

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Le sentiment d’un nerf paffe-t-il à u*autre nerf ? On a répondu différemmentà cette question ; on a cru que les filetsnerveux étant distingués depuis le cerveaujusqu’à F extrémité du nerf , & les bran-ches nerveuses partageant à la vérité lespaquets médullaires de leur tronc , maisn’étant rien au reste des paquets, le sen-timent d’un nerf n’entraînoit un autre nerfque par le moyen du cerveau.

Je ne m’oppose pas à la vérité anatomi-que de I’observation. Je conviens que lescalpel, en séparant la branche nerveusedu tronc, n’entame pas les filets médul-laires qui restent dans le tronc , & qu'eneffet ces filets paraissent être distincts &séparés les uns des autres dans toute leurlongueur.

Malgré cette observation , vraie enelle-même, il y a des exemples trop frap-pans de la communication du sentimentd’un nerf particulier à Fautre. Tout lemonde connok Fagacement des dents ,qui fuit le son aigu produit par la lime ,lorsqu’elle entame une lame de fer. Unemauvaise dent a causé des ostalgies qui ontdisparu dès que la dent a été arrachée. Lespraticiens connoiíïènt tous les vomiíïe-mens qui surviennent à la douleur , pro-duite par une pierre arrêtée dans l’urete-re ; & la convulsion qui s’étend dans unegrande partie du corps dans l’éternuement.

II y a plus. On a vu des nerfs détruits,<k. le sentiment d’une partie du corps ,d’un doigt par exemple , détruit avec lui,reparaître au bout de quelques mois ; leschairs iphacelées &,.inlensibles remplacéespar des chairs naturelles, & qui jouissoientdu sentiment le plus libre. On a vu le nerfinfraorbital coupé enlever une douleur auvisage qui revenoit dans la fuite. Tous cesphénomènes semblent indiquer que, non-seulement les nerfs communiquent en-tr’eux , mais que par ces mêmes commu-nications l’esprit animal rentre dans lesextrémités d’un nerf, dont le tronc a étécoupé , & lui rend le sentiment que lapartie avoit perdu avec son nerf.

Si je voulois me livrer à Fhypothese , jesupposer ois que le nerf entier peut rendreau nerf coupé le sentiment, en tiraillantla cellulaire renaissante , & en ébranlant

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