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Tome vingt-deuxième.
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La Porte tient ordinairement un cadì àNio. Cette île est aflez bien cultivée ; on-estime beaucoup le froment qu’elle produit,mais elle manque d’huile & de bois : on n’yvoit plus de palmiers, quoique selon ces appa-rences, ces lottes d’arbreslui aient ancienne-ment attiré le nom de Phénicie qu’elle aporté , suivant la remarque de Pline Sc d’E-tienne le géographe.

Il y a dans le cabinet du roi de Fran-ce , une médaille à la légende de cette île( iHTstN ) : d’un côté c’est la tête de Jupiter,de l'autre c’est une Pallas Sc un palmier. LeP. Hardouin fait mention d’une autre mé-daille de cette île ; la tête de Lucilla y estreprésentée avec cette légende, nu/n. popul.

&• urb. Il ne reste pourtant aucune marqued’antiquité dans N/o ; ses habicans ne fontcurieux que de piastres, Sc tous voleurs deprofeíïion : auffi les Turcs appellent Nio ,la petite Malte , c’est-à-dire la retraite de laplupart des corsaires de la Méditerranée.Les latins n’y ont qu’une église , desserviepar un vicaire de l’évêque de Santorin : lesautres églises font grecques , & dépendentde l’évêque de Siphanto. Long. 43 , %8. iat.36. 33. (D. J.)

NIOBÉ , ( Myth. ) 611e de Tantale &sœur de Péíops, épousa Amphion , roi deThebes, & en eut un grand nombre d’en-fans. Homère lui en donne douze , Héliodevingt , & Apollodore quatorze , autant defiles que de garçons. Les noms des garçonsétoíenc Sipylus , Agê.nor , ptiadirnus, Ifmé-nus , Mynitus , Tantalus , Damafickthon. Lesfiles s’appelioient Ethosea ou Thera , Cíéo-doxa , Ajiioche , Phthia , Pdupui , Afìycra-tea , Ogygia. Niobé , mere de tant d’enfans,tous bien nés Sc bien faits, s’en glorifioit Scméprifoit Latone qui n’en avoir eu quedeux : elle venoit juíqu’à lui en faire des re-proches & à s’oppoíèr au culte religieuxqu’on lui rendoit, prétendant qu’elle.-mêmeméritoit à bien plus juste titre d’avoir desautels. Latone offensée de l’orgueilde Niobé,eut recours à ses enfans pour s’en venger.Apollon Sc Diane voyant un jour dans les 1plaines voisines de Thebes les fils de Niobé , ‘qui y faiíoient leurs exercices, les tuerent àcoups de fléchés. Au bruit de ce funeste ac-cident , les sœurs de ces infortunés princesaccourent fur les remparts Sc dans le mo-

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ment elles fe sentent frappées & tombentfous les coups invisibles de Diane. Enfin lamere arrive , outrée de douleur & de déses-poir , elle demeure asti le auprès des corpsde ses chers enfans, elle les arrose de seslarmes : fa douleur la rend immobile , ellene donne plus aucun ligne de vie , la voilàchangée en rocher. Un tourbillon de ventl’emporte en Lydie fur le sommet d’unemontagne , où elle continue de répandredes larmes qu’on voit couler d’un morceaude marbre.

Cette fable est fondée fur un événementtragique, Une peste qui ravagea la ville deThebes, fit périr tous les enfans de Niobé ;Sc parce qu’on attribuoit les maladies con-tagieuses à la chaleur immodérée du íoleil,on dit que c’etoit Apollon qui les avoit tuésà coups de fléchés : ces fléchés font les rayonsbrùlans du soleil. On ajouta que ces enfansdemeurèrent neuf jours fans sépulture, parceque les dieux avoient changé en pierres tousles Thébains, & que les dieux eux-mêmesleur rendirent les devoirs funèbres le dixiè-me jour ; c’est que comme ils étoient mortsde la peste, personne n’avoit osé les enterrer »& tout le monde parut insensible aux mal-heurs de la reine ; figure vive des calamitésqui accompagnent ce fléau, où chacun crai-gnant une mort aflurée, ne songe qu’à sapropre conservation , & néglige les devoirsles plus estentiels. Cependant après que laviolence du mal fut un peu paflée , les prê-tres , qu’on prend pour les dieux , fe mirenten devoir de les ensevelir. Niobé ne pouvantplus souffrir le séjour de Thebes après laperte de ses enfans & de son mari, qui s’é-toit tué de désespoir , retourna dans la Lydie& finit sis jours près du mont Sypile, furlequel on voyoit une roche, qui regardée deloin , reílémbloit, dit Paufanias , à unefemme en larmes Sc accablée de douleur ;mais en la regardant de près elle 11 ’a aucunefigure de femme, encore moins de femmequi pleure. Enfin parce que Niobé avoit gar-dé un profond silence dans son adhésion ,Sc qu’elle étoit devenue comme muette Scimmobile , ce qui est le caractère des gran-des douleurs, on a dit qu’elle fut changéeen rocher. ( -f- )

NIONS , ( Géog. ) petite ville de Franceen Dauphine , dans la. baromsie de Mon-