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flatterie, soit parles bienfaits qu’elle enavoitreçus.
La ville de Nîmes n’est plus ce qu’elle a étéautrefois , 6 c est même considérablementdéchue depuis la révocation de Ledit deNantes. On y compte aujourd'hui 40 milleâmes, 6 c son commerce se borne à quelquessoieries , comme serges & bas de foie. U y aun évêché íùffragant de Narbonne , un pré-sidial, une élection, une sénéchaufsée, 6 cune académie fondée en 1682.
Cette ville jouit d’un ciel pur & séreinpendant presque toute l’année, & se trouvesituée dans un des plus agréables pays dumonde. Une belle plaine fait une partiede son terroir , l’autre est composée de val-lons couverts de vignes 6 c d’oliviers, 6 c decoteaux nommés Guarìgues , couverts debois-taillis, où croissent le thym, le romarin,la sarriette & le serpolet. Ces Guariguespro-duisent auísi des yeux, fur lesquels croît l’in-secte qui fournit le kermès.
Nîmes est située a j lieues N. O. d’Arles,
8 S. O. d’Avignon, 8 N. E. de Montpel-lier , zo N. E. de Narbonne, 147 8. E.de Paris. Long. selon Cafsini, 3,2. 33,30.Iat.4g.g0. 35.
Parlons des gens de lettres de Nîmes , enpassant fous silence Domitius Afer , parcequ’il trouvera son article entre les orateursqui brillèrent à Rome fous Tibere ; il s’agità présent des modernes.
Broujfon , ( Jacques) né à Nîmes en 1647,suivit auísi la profession du barreau, & de-vint dans ion pays le plus célébré avocat desProtestans dont il défendit la religion & lesintérêts , par son éloquence, par sa plume&c par ses veilles. Les plaies de fa mort sai-gnent encore aux yeux des Réfugiés ; 6c cer-tainementl’idée de son supplice ne peut qu’ar-racher des larmes de tous ceux qui ont dessentimens d’humanité, Le la plus légereteinture des principes du christianisme. Ilfut condamné pour sa religion le 4 no-vembre 1698, à être rompu vif sur la roue.L’intendant du Languedoc, dont la posté-rité n’a pas succé les maximes, avoit pu- -blié une ordonnance par laquelle il promet- 1toit cinq mille livres ( c’est dix mille livresactuelles), à qui livreroit morts ou vifs M M.Broulíòn & de Vivens. Le premier fut ar-rêté à Orléans le 19 septembre 1698, con-
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duit à Pau , & exécuté à Montpellier le 4novembre suivant sur un échafaud entouréde deux bataillons du régiment d’Auvergne,6c de vingt tambours qui battoient la caisse ;mais enfin les esprits se sont adoucis en s’é-clairant davantage.
L’abbé Cassa igné , docteur en Théologie,né & élevé à Nîmes , où son pere étoit tré-sorier du domaine , devint garde de la bi-bliothèque du roi. Il fut reçu à l’académicsrançoiíè à sage de 2.7 ans , 6c M. Colbertle nomma l’un des quatre premiers membresdont on composa d’abord l’académie desInscriptions. On fait par cœur le trait piquantde Deípréaux :
Si Von est plus a Vaise assis en unfejîin ,
Qu aux sermons de Caslàigne, ou de VabbéCotin.
L’abbé Cotin fut désespéré d’une ironieoù la fatale nécessité de la rime plaça sonnom à côté de celui de Caslàigne. L’hémissriche manquoit à M. Despréaux : vous voi-là bien embarrasse , lui dit Furetiere : quene mettez-vous-là l’abbé Cotin ; L’abbéCaslàigne n’en fut pas moins affligé inté-rieurement ; il étoit fur le point de prêcherà la cour , & ce trait sàtyrique le fit renon-cer à la chaire. Enfin l’étude & le chagrinlui dérangèrent tellement la tête, que sesparens le firent enfermer à S. Lazare , où ilmourut en 1679 , à 46 ans. Il a publié eu-tr’autres ouvrages une assez bonne traduc-tion de Saluste , 6c des trois livres de Cicé-ron de Oratore ; outre une préface aux œu-vres de Balzac , qui n’est pas mauvaise.
Cotelier , ( Jean-Baptijîe ) de la société dcSorbonne, profond dans la connoiíïànce dcla langue greque , étoit de Nîmes, il s’estdistingué, 1 °. par ion recueil des monumensdes Peres dans les temps apostoliques, ParisiGjx , 6c Holl. 1698 , 2. vol. in-fol. 1°. paríes monumens de l’église greque ; 3 0 . par íàtraduction des homélies de S. Chrysostome ;4°. par le catalogue des manuscrits grecs dela bibliothèque dn roi, qu’il a dressé avecM. du Cange. Il mourut à Paris en 1684 ,à 58 ans.
Nicot, {Jean) natif de Nîmes , devintmaître des requêtes de l’hôtel du roi, futenvoyé ambassadeur en Portugal en 1559 »1 6c en rapporta le premier dans ce royaume