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stature , leur prodigieuse grosseur , leurvaste étendue & la beauté de leur feuillage.Us citent à ce sujet des faits singuliers &mémorables. Les Poètes & les Orateurs ,les Historiens, les Naturalistes & les Voya-geurs ont célébré le platane , & nous onttransmis des détails fur les qualités d’agré-ment & d’utilité qu’on lui reconnoît aujour-d'hui. Cet arbre étoit connu en Grece dèsles temps florissant, de cette république , oùchaque citoyen s’instruifoit à la philosophie :toutes les avenues des fameux portiques oùs’astembloit la jeunesse pour différens exer-cices étoient plantés de platanes , asm deréunir la commodité à I'agrémentpar la fraî-cheur de l’ombrage & de la beauté du feuil-lage. Bien-tôt après les Romains, dans sageéclatant de leur empire, tirèrent cet arbrede F Asie. Ils en saison nt leurs délices Sel’or-nement de leurs maisons de plaisance. Ilsn’épargnoient ni soins, ni dépense pourle cultiver ; juíqu’à prendre plaisir à le fairearroser avec du vin : ce qui, dit-on , accé-lérois considérablement son accroissement.On prétend que cet arbre fut ensuite apportéen France , où les plus grands seigneurs sai-si)! en t un si grand cas de son ombre , qu’onexigeoit un tribut des gens qui vouîoients’y reposer. Mais il ne paroi t pas que leplatane alors ait été fort répandu dans ceroyaume, ni qu’il s’y soit soutenu long- tems.Quoi qu’il en soit, cet arbre est présente-ment assez commun en Italie, en Espagne& en Angleterre. A ce dernier égard , oncroit que c est le chancelier Bacon qui a faitplanter 1. s premiers arbres de cette esptcedans les jardins de son château de Verulam.On ne date pas de si loin en France pourla derniere époque du retour de cet arbre :le platane le plus ancien que l’cn y conncisscest an Jardin du Roi à Paris , il peut avoir60 ans ; mais ce nsssi que depms trente an-nées environ que quelques cui Lux ont com-mencé à tirer d’Angleterre des plants de cetarbre, qui reftoit concentre dans le petitcercle des amateurs de collection d’arbresétrangers. M. de Buffon a été des premiersi faire usage des platanes peur Fomcmen;des jardins ; il a eu la fatisf. :ct’on de les veirprospérer & donner des graines fécondes,dans fa terre de Monrbard en Bourgogne :v>n a fait dans ce canton des estais pour la
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multiplication de cet arbre , qui ont parfai-tement réusti, &: donnent lieu à en répan-dre des plants dans le royaume. Cependantle platane n’étoit pas encore assez connupour exciter une curiosité plus générale ; ila fallu Fexem.ple du prince. Depuis qu’on afait venir d’Angleterre pour le roi une assezgrande quantité de platanes , on voit croîtretons les jours !e goût d’employer cet arbredans toutes les parties qui peuvent contri-buer à Fembellistèment des jardins.
Le platane est en grande estime dans laPerse , où on le cultive avec une prédilec-tion singuliers : c’est cependant moins pourF agrément qu’il procure, que dans des vuesplus utiles & plus grandes. Les Persans pré-tendent que cet arbre contribue à la puretéde l’air &: à la salubrité du pays. Voici ceque rapporte le chevalier Chardin dans larelation de ses voyages, édit. d’Amst. 1711.“ Les arbres les plus communs de la Perse„ font le platane, &c. Les Persans tiennent» qu’il a une vertu naturelle contre la peste,o & contre toute autre infection de l’air ;>, & ils assurent qu’il n’y a plus eu de con->, tagion à Hispahan, leur capitale, depuis» qu’on en a planté partout, comme on a„ fait dans les rues & dans les jardins. ,, Cetarbre répand en effet une odeur douce, bal-samique & agréable, qui saisit légèrementquand or. approche ; mais qui ne fe fait passentir plus vivement lorique Fon manie (esfeuilles. C’est l’enfemble des parties de l’ar-bre qui répand cette odeur, & ce n’eft quepar la quantité des plants qu’elle peut fe gé-néraliser & se porter au loin.
Le platane fait de lui - même une tigedroite qui s’éleve à une grande hauteur. Ilgrossit à proportion, & fa tète prend unebi. Ile forme. L’écorcs est de différente cou-leur dans chaque variété de cet arbre ; maiselle est toujours liste & unie â tout âge,parce qu’elle fe renouvelle chaque annéepeur la plus grande partie & par places iné-gales; il s’en détache de temps-en-temps deslambeaux qui tombent peu-à-peu. Sa feuilleest découpée en cinq parties ; c-lle difsi repour la forme, la grandeur & la nuance deverdure , suivant la diversité des dpeces-L’arbre produit au commencement dc Maides globules qui rassemblent les fleurs mâles& les fleurs femelles ; ce font quantité de