222 P L E
suite il le dédaigna , dit Brantôme, L necrut pas qu’il lui convînt de se rendre chefde Tordre de son vassal. Voilà ce que dit.dece prince M. Hainault dans son abrégé deThiísoire de Fiance. Ajoutez-y que ie titrede roi tris-chrétien, fut donné à Louis XI,en 1469.
Jamais prince n’en fut moins digne, &fa donation de Boulogne à la Sainte-Viergedoit plutôt être réputée pour artifice quepour extravagance. Le seul titre du contratqu’il fit, semble justifier cette réflexion.Voici le titre de ce contrat : " Transport„ de Louis XI, à la Vierge-Marie de Bou-,> Jogne du droit & titre du fief & hommage ,„ du comté ce Boulogne, dont releva le» comté de Salnt-Pol, pour être rendu de-,, vant l image de ladite Dame par ses suc-,, cesseurs, en 1478 ».
il n’est point nécessaire de rechercher lefond des affaires que ce prince avoit euespour Tacquifition de ces deux terres : cefont de ses í’entimcns dont il est ici quei-tion , & non pas des droits de la couronne.II suffit de savoir qu’il crut que cet acte ,tout bizarre qu’il est , étoit utile au biende ses affaires , puisqu’il s’en avila & qu’il
lo fit. • • j r
II n’y a rien d’extraordinaire de conla-crer , vouer, dédier le revenu de ses terresau service de Dieu, à Tubage de ses minis-tres , à Tornement de iems temples & deleurs autels ; mais de choiíìr des puissancescélestes pour en faire les objets de notrelibéralité ; qu au^ lieu de leur demander ,ou de feindre d’avoir reçu d’elles , on se,soit ingéré de leur donner, comme si ellesavoient besoin de nos biens , ainsi quê-tions avons besoin des leurs ; qu’elles enpussent jouir efficacement, ainfi que nouspouvons jouir des leurs, de leurs lumières& de leur intelligence , quand il leur plaîtde nous eh communiquer quelque rayon ;cette fausse libéralité, dis-je, est un in-digne artifice , & cependant il réusiit aLouis XI ; car nous ne voyons pas que deIon temps on ait taxé de fraude cette actionextraordinaire. Personne he trouva étrangeque ce prince contractât avec la Sainte-Vierge tout comme il auroit contracté aveclin ^ P r * nce > & qu’il lui fit du-moinspar fiction accepter un présent dont il ne de-
P L E
meuroit pas moins maître après cette pré-tendue libéralité.
Car enfin , est-ce que les baillis, pré-vôts & autres officiers du comté de Bou-logne , quand on les auroit appelés lesbaillis de la Vierge , ses prévôts & ses offi-ciers , e" ’evoient moins obéir au roi ? Est-ce que . glise de Boulogne jouissant durevenu de la terre, en étoit mieux desser-vie ? 1 Est-ce que le roi en étoit moins comtepour avoir donné ce comté à la Vierge ?Non assurément. Mais le peuple d’alors nevoyoit pas tout cela comme nous le voyons ;ses vues ne portoient pas assez loin. Il y aeu des temps où Ton a pu hasarder sanscrainte toute forte d’artificçs prétendusreligieux. ( Le Chevalier de J au court. )
PLESTORE, f. m. ( Mythe,l. ) nom pro-pre d’un faux dieu des anciens Thraces. Onne fait ce que c’étoit que ce dieu ; tout ceque Ton en apprend d’Hércdote, est que lesThraces lui íacrifioit des hommes.PLÉTHORE , s. f. ( Mêdec. ) plénitude ,
en Médecine , signifie surabondance de sang &d'humeurs. La pléthore est une quantité desang louable, plus grande qu’il ne íaut pourpouvoir supporter les changemens qui fontinévitables dans la vie, fans occasionner desmaladies. C est de la pléthore dont parie Hip-pocrate , lorsqu’il dit dans le troisièmeaphorisme de la premiere section, " que les» personnes qui se portent le mieux sont» dans un état dangereux, puisque ne pou-» vant demeurer dans le même état pen-» dant long temps, ni changer pour le» mieux , il faut nécessairement qu’elles» tombent dans un état pire , de forte qu’on» doit les en tirer le plus promptement qu’il» est possible. „
La pléthore ne consiste point dans I’aug-mentation de toutes fortes d’humeurs indif-féremment, mais seulement dans celles dessucs louables. Aiissi Galien nous apprend-il,method. medend. lib, XIII. cap. vj. qu’ondonne le' nom de pléthore à Taugmcntationmutuelle & uniforme des fluides; au lieuque lorsque le sang abonde en bile noire oujaune, en pituite, ou en humeurs séreuses,on appelle cette maladie une cacochimie , &non une pléthore.
La pléthore , ou la quantité augmentéedes fluides, retarde leur circulation ; & les