Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
556
JPEG-Download
 

55 6 P 0 L

Áe la maison de Mèdicis , contre laquelleíì s’étoit déclare. II fut soupçonné d’ëtreentré dans une faction opposée à cettepuissante maison ; en conséquence il futmis en prison , & ensuite appliqué à laquestion ; mais n’ayant rien avoué, ilfut mis en liberté. On le chargea d’écrireThistoire de fa patrie, & on lui donnades appointemens considérables. Mais de“nouveaux troubles l'arrachèrent à son tra-vail , & lui firent perdre sa pension. Ilse forma une conjuration contre les Mé-dicis, qu’on accuí’oit de vouloir éleverleur puissance fur les ruines de la libertépublique. Cette conjuration ayant étédécouverte , on accusa Machiavel d’enavoir animé les ressorts , en proposantaux conjurés les exemples fameux de Bru-tes & de Caífius. II ne fut point con-vaincu , mais le soupçon resta; & sa pen-sion ne lui ayant point été rendue, iltomba dans la derniere misere. U mourutquelques années après à Fâge de 48 ans.

Nous avons de Machiavel plusieursouvrages qui ont été traduits en toutessortes de langues ; telles sont ses dijjer-tations Jur Titc-Live , & son histoire deFlorence , qui fut estimée des connois-ieurs. Mais celui qui a fait le plus debruit, c’est celui-qui est intitulé le princede Machiavel. C’est là qu’il a développéles principes de politique , dont ses autresouvrages nc renferment que les germes.C’est la qu on 1 accuse d’avoir réduit latrahison en art & en science , d’avoirrendu la vertu esclave d’une prévoyanceà laquelle il apprend à tout sacrifier, &d’avoir couvert du nom de politique lamauvaise foi des princes. Funeste aveugle-ment, qui sous le voile d’une précautionaffectée , cache la fourbe, le parjure. &Ja dissimulation. Vainement objecte-t-onque l’état des princes demande de la dissi-mulation ; il y a entre la mauvaise foi& la façon sage & prudente de gouver-ner , une grande différence. .Quel monar-que eut plus de candeur & de bonne foique Henri IV ? la franchise & la sincéritéda ce grand roi ne détruisirent-ils pas Jtous les vains projets de la politique e spa- 1gnole ? Ceux qui se figurent qu’un princeft’est grand qu’autant qu’il est fourbe ,

P ° L

donnent dans une erreur pitoyable. I* Fa , comme nous savons dé j a dit, lll ? egrande différence entre la prudence &mauvaise foi ; & quoique dans ce n eCcorrompu on leur donne le même » on l ’le sage les distingue rrès-aifément- fvéritable prudence n’a pas besoinréglés qui lui apprennent le moyensecouer le joug de la vertu & deneur. Un roi n’est point obligé à dec? 3vrir ses desseins à ses ennemis, il . jjméme les leur cacher avec foin; nialS Qne doit point aussi sous de vaines P l0 'messes, fous les appâts d’un racconm 1 ^dement feint, & sous ie voile d !'amitié déguisée , faire réussir les emv ^ches qu’il veut leur tendre. Un g ra ”cœur, dans quelqu’état qu’il soit P^ aC ?gprend toujours la vertu pour guide. .crime est toujours crime , & rien nefait perdre la noirceur. Que de rp a Un’éviteroit-on pas dans le monde , U .hommes étoient esclaves de leursmens ! quelle paix, quelle tranquille ^régnerait point dans l’univers ! les r ^auraient toujours des sujets fidèlessoumis à l’obéiffance qu’ils leur oQ 'rée ; les souverains d’un autre côte»tentifs à remplir les conditions qu’íB j spromis- d’exécuter en montant í l,r ^trône , deviendraient les peres d’un Ppie toujours prêt à obéir, parce hn’obéiroit qu’à la justice & à l’équite- ^Les Antirnachiavelifies. Nous ne de ^point oublier ici les auteurs qui ont 3 gaimé le bonheur des peuples ; & en . I110 eS ,temps la véritable grandeur des pt inpour mettre dans- tout son jour I ed’une doctrine si opposée à cesobjets. Nous en ferions ici un cat 3astèz long , si notre but étoit deune bibliothèque philosophique.consulter fur ce sujet , Struvius » ^

Phil. c. vij. Reinhardus, in ^ ieat n°puoh-dentier, civilis. Budé. Ifagog. î0 \

annot. in hist. phil. Nousseulement ceux qui se sont les pl uS £gués. iff. De tous les auteurs q»i ^ orn aícontre Machiavel , Poste vin &

Bofsius sont ceux qui l’ont le Ptraité. Le premier dans son livre ^ c£) ji d-jugement fur quatre auteurs j íe