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tes bons philosophes ne voyoient pas quepour amener deux hommes à l’érat nubile ,*1 faut bien plus de deux enfans. Leurdogme étoit contraire à la population ; ilsdemeuraient en reste & avec l’espece hu-maine & avec la société.
Les cultes européens lui font encore pluscontraires. Leur doctrine porte les hommesa s’iíoler, elle les éloigne des devoirs dela vie civile. Chez eux l’état le plus parfaitest le plus opposé à la nature, & le plusPréjudiciable au bien public ; c’est le célibat.Une multitude d’êrres des deux sexes vontensevelir avec eux dans des retraites desPostérités perdues ; fans compter les minis-tres de la religion & les rigoristes , qui fontvœu d'être inutiles à la propagation del’eípece ; & cette abstinence est dans cesreligions la vertu pqr excellence. Commefi le plus grand des vices n’étoit pas detromper la nature , & de subsister auxdépens de l’espece envers laquelle on neremplit aucune de ses obligations. Unhomme dont personne ne contestera lavertu , les bonnes mœurs & les lumiè-res, l’abbé de * * * * fortement touché ides obligations de la nature , avoit con-sacré un des jours de la semaine à la pro-pagation.
La politique des Grecs & des Romainsfur cet objet étoit bien opposée aux usagesmodernes ; ils avoient des loix pénalescontre ceux qui vouloient se soustraire aumariage ; & les Grecs accordoient desdistinctions aux citoyens qui en avoientdonné d’autres à la république : ceux quin’étoient point mariés étoient notés d’in-famie ; ils étoient exclus par les loix deLycurgue, de certaines cérémonies , obli-gés daller nus au milieu du marché enhiver , & de chanter une chanson à leurhonte ; les jeunes gens étoient dispensés deleur rendre le respect qu’ils dévoient àleurs aînés : “Tu ne dois pas attendre demoi, dans le temps que je fuis jeune ,Un honneur que tes enfans ne sauront mefendre lorsque j.e serai vieux, " disoit dansUne assemblée publique un jeune Lacédé-monien à Dercylle, homme puissant ,qu’iltefusoit de saluer parce qu’il vivoic dans lecélibat.
Ces nations se fortisioient en souffrant
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parmi elles toutes sortes de cultes. Lorsquel’on voulut à Rome les réduire à un seul,la puissance des Romains fut détruire. Cetexemple s’est répété trop souvent. Quel-ques contrées de l’Europe ne réparerontpeut-être jamais les pertes que l’une afaites par l’expulsion des Maures, & l’autrepar la révocation d un édit. Rien ne prouvemieux l’étendue de ces pertes , dit l’illustrehistorien du czar Pierre le Grand , q U e lenombre de réfugiés qui se trouva dans lerégiment que forma dans le même temps en' Ruffie le général le Fort.
A la Chine on est si convaincu que latranquillité de l’état , fa prospérité & Jebonheur des peuples dépendent de la tolé-rance de radminístration en matière reli-gieuse , que pour être mandarin, & parconséquent magistrat, il faut, par une con-dition absolue, n’être attaché à aucun culteparticulier.
Chez les anciens , le magistrat nonmoins éclairé pensoit de même. II n’avoitgarde de considérer les cultes commeexclusifs, & de souffrir qu’aucun prétendîtà la prééminence sur les autres. Aussiles religions anciennes ne rendoient-eliesni cruel , ni intolérant. Elles coiffer voie n tles hommes au lieu de les détruire , ellesles encouragement à Ce multiplier au lieude les en détourner. Les horreurs desguerres de religion y étoient inconnues.Parmi nous, les fureurs du dogme , le zeleforcené des guerres d’outre-mer en ontégorgé des millions.
Gélon réduit les Carthaginois à 1 humi-liante nécessité de lui demander la paix ;Ja feule condition qu’il leur impose , estde ne plus immoler àl’avemr leurs propresenfans. Alexandre ayant vaincu les Bac- -triens, les oblige à ne plus faire mourirleurs peres vieux. Les Espagnols décou-vrent les Indes, ils en font la conquête , & .tout-à-coupun peuple entier est anéanti dela surface de la terre, & c’est la gloire duculte qui en est le prétexte. Voilà les. faits,il n’y a qu’à comparer & juger.
On fait ce qu’il en a coûté à une puií-lance de i’Europe, lorsqu’elle entreprit dedétruire toutes les sectes par la violence.Ses provinces relièrent inhabitées ; la su- •perstidon montroit au souverain le nombre.