Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
807
JPEG-Download
 

POP

îeul. Dans les pays où ce droit barbaren’est point établi, ils poussent la cruautéjusqu’à employer la violence au défaut de laséduction, pour procurer à l’idole de leurVanité les avantages que la loi ne lui accordepoint. .

Tels font les préjudices que porte a Japropagation l’inégalité , & principalementcelle des fortunes dans la politique mo-derne. Tel'e est aussi futilité íì vantée parleurs partisans, de ces retraites meurtrièresoù f avarice, l’ambition & la cruauté, traî-nent des victimes & engloutissent les racesfutures.

Le savant N. Hume, philosophe anglois,dans un discours plein d’érudition qu’ii adonné fur la population , compare cettecoutume d’enfermer les filles dans desmonastères, à celle qu’avoient les anciensd’expofer leurs enfans, & donne avec beau-coup de raison la préférence à celle - ci.En effet, tous les enfans exposés ne périf-soient pas ; ils étoient recueillis & le plusgrand nombre n’étok pas perdu pour lanature & pour la société. Les premiers aucontraire , sont anéantis pour f une & pourl’autre.

La loi de Solon , qui permit de les tuer,montre bien plus de génie & d’humanité.Ce grand homme philosophe & légiíla-teur , pressentit qu’il servit bien rarequ’un pere se permît ee que la loi auto-risoit ; il jugea que l’on pourroit biense déterminer à abandonner ou à en-terrer tout vivans des enfans à qui onauroit donné le jour , mais non pas à leségorger. ,

La nature n a que deux grands buts,la conservation de l’individu & la propa-gation de l’espece. Or s’il est vrai quetout tende à exister ou à donner l’exif-tence , s’il est vrai que nous n’ayonsreçu l’être que pour le transmettre , ilsaur convenir que toute institution quitend á nous éloigner de ce but, n’est pasbonne , & quelle est contraire à Tordre dela nature.

De même, s’il est vrai que tous les mem-bres d’une société doivent conspirer con-curremment à son bien général ; si lesMeilleures h>ix politiques font celles qui nehisseront aucun citoyen, aucuns bras inu-

P O P §07

tiles dans la république, qui en feront cir-culer les richesses & qui sauront dirigertous ses mouvemens vers la chose publi-que , comme autant de ressorts agisianspour ía conservation & sa prospérité , ilfaudra convenir que les établissemens quienlevent a 1 état une grande partie descitoyens , qui envahident ses richesses ,lans les restituer jamais en nature ou en

échanges, sont des établissemens pernicieuxqui doivent miner un état & le .perdre à lalongue.

Nos anciens (dit un empereur de la familledes Tang, dans une ordonnance que I ontrouve dans le pere Duhalde ) tenoientpour maxime, que s’il y avoit un hommequi ne labourât point, une femme qui nes’occupât point à filer, quelqu’un souffroitle froid & la faim dans l’empire , & fur ceprincipe il fit détruire une infinité de monas-tères de faquirs.

Ce principe fera toujours celui des gou-vernemens sages & bien réglés. Ces grandscorps de célibataires produisent une dépo-pulation d’autant plus grande , que ce n’estpas seulement en s’abstenant de rendre cequ’ils doivent à la nature & à la sociétéqu’ils la privent de citoyens ; c’est encorepar les maximes fur lesquelles ils fe régis-sent ; c’est par leurs richesses & par lesétendues immenses de terrain qu’ils pos-sèdent.

Les richesses des gens de main-morte,& en général de tous les corps, dont lesacquisitions prennent un caractère sacré &deviennent inaliénables, n’ont pas plus d’u-tilité pour l’état, qu’un castre fore n’en apour un avare , qui ne l’ouvre jamais quepour y ajouter.

Un auteur moderne, estimable d’ailleurspar ses intentions en faveur de fhnma-nité , avance que les grandes possessionsdes moines sont les mieux cultivées, parcequ’étant riches, ils peuvent en faire la dé-pense , Sc qu en cela au moins ils font utilesà l’état.

Quand il ne suffiroit pas de méconnoître& de tromper le vœu de la nature pour erredans l’absence de tous biens , on a vu parce qui a été dit ci-devant des inconvéniensdes grandes propriétés, que fauteur de la .théorie de f impôt s’est trompé , Sc qu'en