DU SYSTÈME DU MONDE. a5souvent élevée au-dessus, ou abaissée au-dessous du cône d’ombreterrestre, et elle n’y pénètre que lorsqu’elle est près de ses nœuds.Si tout son disque s’enfonce dans l’ombre de la terre, l’éclipse delune est totale ; elle est partielle, si ce disque n’y pénètre qu’enpartie; et l’on conçoit que la proximité de la lune à ses nœuds , aumoment de l’opposition, doit produire toutes les variétés que l’onobserve dans ces éclipses.
Chaque point de la surface de la lune, avant que de s’éclipser,perd successivement la lumière des diverses parties du disque so-laire qui ne disparoît totalement, qu’à l’instant de l’entrée du pointdans l’ombre; il existe donc autour du cône d’ombre terrestre, unezone éclairée par une lumière qui s’affoiblit graduellement : on luia donné Je nom de pénombre, et sa largeur est égale au diamètreapparent du soleil vu du centre de la lune.
La durée moyenne d’une révolution du soleil, par rapport aunœud de l’orbe lunaire, est de 5^6* ,6ig63; elle est à la duréed’une révolution synodique de lu lune, à fort peu près dans le rap-port de 225 à îg ; ainsi après une période de 225 mois lunaires, lesoleil et la lune se retrouvent à la même position relativement aunœud de l’orbe lunaire; les éclipses doivent donc revenir à-peu-près dans le même ordre, ce qui donne un moj r en simple de lesprédire. Mais les inégalités des mouvemens du soleil et de la lune,doivent y produire des différences sensibles ; et d’ailleurs, le retourde ces deux astres à la même position par rapport au nœud, dansl’intervalle de 223 mois, n’étant pas rigoureux; les écarts qui enrésultent, changent à la longue, l’ordre des éclipses observées pen-dant une de ces périodes.
C’est uniquement dans les conjonctions du soleil et de la lune,quand cet astre, en s’interposant entre le soleil et la terre, inter-cepte la lumière du soleil; que nous observons les éclipses solaires.Quoique la lune soit incomparablement plus petite que le soleil ;cependant, par une circonstance remarquable, elle est assez prèsdelà terre, pour que son diamètre apparent diffère peu de celui dusoleil : il arrive même, à raison des changemens de ces diamètres,qu’ils se surpassent alternativement l’un et l’autre. Imaginons lescentres du soleil et de la lune, sur une même droite avec l’œil de
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