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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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EXPOSITION

contemplons la terre et les planètes. Tons ces corps nous paraîtrontse mouvoir d’occident en orient, et déjà, cette identité de directionest un indice du mouvement de la terre ; mais ce qui le démontreavec évidence, c’est la loi qui existe entre les temps des révolutionsdes planètes, et leurs distances au soleil. Elles circulent autour delui, avec d’autant plus de lenteur, qu’elles en sont plus éloignées,de manière que les quarrés des temps de leurs révolutions sontcomme les cubes de leurs distances moyennes à cet astre. Suivantcette loi remarquable, la durée de la révolution de la terre supposéeen mouvement autour du soleil, doit être exactement celle del’année sydérale. N’est-ce pas une preuve incontestable que la terrese meut comme toutes les planètes, et qu’elle est assujétie aux mêmesloix ? D’ailleurs, ne seroit-il pas bizarre de supposer le globe ter-restre à peine sensible vu du soleil, immobile au milieu des planètesen mouvement autour de cet astre qui lui-même serait emportéavec elles , autour de la terre? La force qui, pour retenir les pla-nètes dans leurs orbes respectifs autour du soleil, balance leur forcecentrifuge, ne doit-elle pas agir également sur la terre, et ne faut-ilpas que la terre oppose à cette action, la même force centrifuge ?Ainsi, la considération des mouvemens célestes observés du soleil,ne laisse aucun doute sur le mouvement réel de la terre. Maisl’observateur placé sur elle, a de plus, une preuve sensible de cemouvement, dans le phénomène de l’aberration qui en est unesuite nécessaire ; c’est ce que nous allons développer.

Sur la fin du dernier siècle, Roëmer observa que les éclipses dessatellites de Jupiter avancent vers les oppositions de cette planète,et retardent vers ses conjonctions ; ce qui lui fit soupçonner que lalumière ne se transmet pas dans un instant, de ces astres à la terre,et qu’elle emploie un intervalle de temps, sensible, à parcourir lediamètre de l’orbe du soleil. En effet, Jupiter dans ses oppositions,étant plus près de nous que dans ses conjonctions, d’une quantitéégale à ce diamètre ; les éclipses doivent arriver pour nous, plutôtdans le premier cas, que dans le second, de tout le temps que lalumière met à traverser l’orbe solaire. La loi des retards observésde ces éclipses, répond si exactement à cette hypothèse ; qu’il n’est