DU SYSTEME DU MONDE.
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CHAPITRE VL
De la figure des orbes des comètes, et des loix de leurmouvement autour du soleil.
Le soleil étant au foyer des orbes planétaires, il est naturel de lesupposer pareillement au foyer des orbes des comètes. Mais cesastres disparoissant après s’être montrés pendant quelques mois ;leurs orbes, au lieu d’être presque circulaires comme ceux desplanètes,sont très-alongés, et le soleil est fort voisin de la partiedans laquelle ils sont visibles. L’ellipse, au moyen des nuancesqu’elle présente depuis le cercle jusqu’à la parabole, peut convenirà ces orbes divers ; l’analogie nous porte donc à mettre les comètesen mouvement dans des ellipses dont le soleil occupe un des foyers,et à les y faire mouvoir suivant les mêmes loix que les planètes,en sorte que les aires tracées par leurs rayons vecteurs soient pro-portionnelles au temps.
Il est presque impossible de connoître la durée de la révolutiond’une comète, et par conséquent le grand axe de son orbe, par lesobservations d’une seule de ses appai’itions ; on ne peut donc pasalors déterminer rigoureusement l’aire que trace son rayon-vecteurdans un temps donné. Mais on doit considérer que la petite portiond’ellipse, décrite par la comète pendant son apparition, peut seconfondre avec une parabole, et qu’ainsi l’on peut calculer sonmouvement dans cet intervalle, comme s’il étoit parabolique.
Suivant les loix deKepler, les secteurs tracés dans le même tempspar les rayons vecteurs de deux planètes, sont entr’eux comme lessurfaces de leurs ellipses, divisées par les temps de leurs révolu-tions, et les quarrés de ces temps sont comme les cubes des demi-grands axes. Il est facile d’en conclure que si l’on imagine uneplanète mue dans un orbe circulaire dont le rayon soit égal à la