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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE.

Observons ici, comment le vrai système de la nature, en sedéveloppant, se confirme de plus en plus. La simplicité des phé-nomènes célestes dans la supposition du mouvement de la terre,comparée à leur extrême complication dans celle de son immobi-lité, î-end la première de ces suppositions fort vraisemblable:les loix du mouvement elliptique, communes alors aux planèteset à la terre, augmentent beaucoup cette vraisemblance qui de-vient plus grande encore, par la considération du mouvement descomètes assujetties aux mêmes loix, dans cette hypothèse.

Les comètes ne se meuvent pas toutes dans le même sens, commeles planètes : les unes ont un mouvement rcel direct, dautres ontun mouvement rétrograde. Les inclinaisons de leurs orbes ne sontpoint renfermées dans une zone étroite, comme celles des orbesplanétaires : elles offrent toutes les variétés dinclinaison, depuislorbe couché sur le plan de lécliptique, jusquà lorbe perpendi-culaire à ce plan.

On reconnoît une comète, quand elle repaioît, par lidentité desélémens de son orbite, avec ceux de lorbite dune comète déjà ob-servée. Si la distance périhélie, la position du périhélie et desnœuds, et linclinaison de lorbite, sont à fort peu près les mêmes ;il est alors très-probable que la comète qui paroît, est celle quelon avoit observée précédemment, et qui, après sêtre éloignée àune distance elle étoit invisible, levient dans la partie de sonorbite, voisine du soleil. Les durées des révolutions des comètesétant fort longues, et ces astres nayant été observés avec un peude soin, que depuis environ deux siècles5 on ne connoît encoreavec certitude, que le temps de la révolution dune seule comète,celle de 1682, que lon avoit déjà observée en 1607 et i 53 i, et quia reparu en l'/Bg. Cette comète emploie environ soixante-seize ansà revenir à son périhélie; ainsi, en prenant pour unité, la moyennedistance du soleil à la terre, le grand axe de son orbite est à-peu-près 35 ,g ; et comme sa distance périhélie nest que o, 58 , elle séloi-gne du soleil au moins trente-cinq fois plus que la terre, en par-courant une ellipse fort excentrique. Son retour au périhélie a étéde treize mois plus long de i 55 i à 1607 , que de 1607 à 1682; il a étéde dix-huit mois plus court de 1607 à 1682, que de 1682 à 1769.

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