121
DU SYSTÈME DU MONDE.
Observons ici, comment le vrai système de la nature, en sedéveloppant, se confirme de plus en plus. La simplicité des phé-nomènes célestes dans la supposition du mouvement de la terre,comparée à leur extrême complication dans celle de son immobi-lité, î-end la première de ces suppositions fort vraisemblable:les loix du mouvement elliptique, communes alors aux planèteset à la terre, augmentent beaucoup cette vraisemblance qui de-vient plus grande encore, par la considération du mouvement descomètes assujetties aux mêmes loix, dans cette hypothèse.
Les comètes ne se meuvent pas toutes dans le même sens, commeles planètes : les unes ont un mouvement rcel direct, d’autres ontun mouvement rétrograde. Les inclinaisons de leurs orbes ne sontpoint renfermées dans une zone étroite, comme celles des orbesplanétaires : elles offrent toutes les variétés d’inclinaison, depuisl’orbe couché sur le plan de l’écliptique, jusqu’à l’orbe perpendi-culaire à ce plan.
On reconnoît une comète, quand elle repai’oît, par l’identité desélémens de son orbite, avec ceux de l’orbite d’une comète déjà ob-servée. Si la distance périhélie, la position du périhélie et desnœuds, et l’inclinaison de l’orbite, sont à fort peu près les mêmes ;il est alors très-probable que la comète qui paroît, est celle quel’on avoit observée précédemment, et qui, après s’être éloignée àune distance où elle étoit invisible, l’evient dans la partie de sonorbite, voisine du soleil. Les durées des révolutions des comètesétant fort longues, et ces astres n’ayant été observés avec un peude soin, que depuis environ deux siècles5 on ne connoît encoreavec certitude, que le temps de la révolution d’une seule comète,celle de 1682, que l’on avoit déjà observée en 1607 et i 53 i, et quia reparu en l'/Bg. Cette comète emploie environ soixante-seize ansà revenir à son périhélie; ainsi, en prenant pour unité, la moyennedistance du soleil à la terre, le grand axe de son orbite est à-peu-près 35 ,g ; et comme sa distance périhélie n’est que o, 58 , elle s’éloi-gne du soleil au moins trente-cinq fois plus que la terre, en par-courant une ellipse fort excentrique. Son retour au périhélie a étéde treize mois plus long de i 55 i à 1607 , que de 1607 à 1682; il a étéde dix-huit mois plus court de 1607 à 1682, que de 1682 à 1769.
Q