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Tome vingt-neuvième.
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trois ou quatre ans. On s’en sert ordinai-rement pour réparer les breches d’uneplace après un siège , en attendant qu’onait le tems ou la commodité de rétablirles parties détruites dans leur premierétat. (QJ

REVETEMENT DES TERRES , ( Ar-cbït. ) appui de maçonnerie qu’on donneà des terres pour les empêcher de s’é-bouler.

Si l’on éleve des terres , comme pourfaire une chauffée , une digue , un rem-part, ces terres que je suppose qui au-ront la figure d’un parallélépipède , nese soutiendront point en cet état , maiss’ébouleront ; de forte que leur quatrecôtés verticaux posés fur le plan horifon-tal , & qui étoient des parallélogrammes ,deviendront de figure triangulaire , ouà-peu-près , parce que la pesanteur desterres , jointe à la facilité qu’avoient leursparties à rouler les unes fur les autres ,les a obligées à se faire une base pluslarge que celle du parallélépipède primi-tif ; pour empêcher cet effet , on lessoutient par des revêtement qui font ordi-nairement de maçonnerie.

Comme c’est par une certaine forceque les terres élevées en parallélépipèdeélargissent leur base , il faut que cetteforce qu’on appelle leur poujfe'e , soit com-battue & réprimée par celle du revête-ment , qui par conséquent, doit être du-moins égale. Pour procéder par réglé àla construction d’un revêtement , il fau-droit avoir terminé cette égalité , oucet équilibre ; mais jusqu’ici , on n’a pointeu cette connoissance dans la pratique del’Architecture , Le l'on s’est conduit assezau hasard.

Nous avons trois auteurs françois quiont écrit fur cette matière ; M. Bullet,membre de l’académie d’Architecture ;M. Gautier architecte , & finalementM. Couplet. Ce dernier a démontré parla Géométrie les réglés qu’il faut obser-ver dans les épaiflèurs & les taluds qu’ondoit donner aux revêtemens pour qu’ilspuissent résister à la poussée des terresqu'ils ont à soutenir. Voyez, les savansmémoires qu’il a donnés à ce sujet dans lerecueil de .l’académie des Sciences, années

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172.6 , 1727 & 1728 ; ils ne font passusceptibles d’être extraits dans cet ou-vrage.

Aux démonstrations géométriques de cesavant académicien , M. de Réaumur ajoint dans le même recueil de l’académiedes Sciences, anne'e 1730 , une considé-ration physique fur la nature des terresqui tendent à s’ébouler malgré les revê-,temens les plus ingénieux.

Des terres coupées à plomb s’éboulentsi peu, qu’à peine s’en détache-t-il quel-ques hottées en tout un an ; & mêmecette petite quantité seroit encore pluspetite , si les premières parcelles avoienrété soutenues , & ne fussent pas tombées ;car ce n’est ordinairement que leur chutequi a entraîné celle des secondes. Un murn’a donc pas beaucoup de peine à soutenirces terres , si on n’y considéré que l’ef-fort qu’elles font pour s’ébouler; maiselles en ont un beaucoup plus grand , &très-violent ; c’est celui qu’elles font pours’étendre , lorsqu’elles font bien imbibées,d’eau , & c’est à quoi le mur de revête-ment doit s’oppofer.

II est vrai que cette tendance des terresà s’étendre , doit agir en tous sens , ver-ticalement austl-bien qu’horifontalement,& que le mur ne s’oppose qu’à factionhorifontale ; mais il faut observer que latendance verticale n’ayant pas la libertéd’agir , du moins dans toutes les couchesinférieures de terres pressées par le poidsdes supérieures , toute la tendance ver-ticale se tourne en horifontale , tant quela difficulté de soulever les couches supé-rieures est plus grande que celle de forcerle mur , & cela peut aller , & va effecti-vement fort loin.

On a observé qu’ùne terre qui a très-peu de hauteur , ne laisse pas de s’étendrebeaucoup davantage dans le sens horifontal»& que la force qu’elle a pour s’étendre ence sens-là , est beaucoup plus grande quetout son poids & par conséquent quela force dont elle auroit besoin pour s’e-tendre autant dans le sens vertical.

Plus les terres auront de facilité de s’im-biber d’eau , plus elles auront de pousséecontre un mur de revêtement ; des fablesn’en auroient aucune à cet égard ; & pA>