ï 3 8 R H A
pkius vient de l’hébreu rbaam , affamé.
RHAPONTIC , s. masc. ( Hist. nat.Tíotan. exot. ) en latin rhaponticum , off./û & fti«t Diosc. est une racine oblongue ,ample, branchue , brune en- dehors, jauneen-dedans , coupée transversalement ,montrant des cannelures disposées enrayons , tirées de la circonférence aucentre ; mollasse , spongieuse , d’uneodeur qui n’est pas désagréable ; d’ungoût amer , un peu astringent & acre ; vis-queuse & gluante lorsqu’cn la tient un peudans la bouche.
Cette racine est différente de la rhu-barbe des boutiques; & c’est ce qui est évi-dent par la description du rhapontic tirée deDioscoride. " Le rha , que quelques-uns», appellent rheum , dit-il, vient dans les», pays qui font situés le long du Bos-», phore , d’où on l’apporte. C’est une», racine noire semblable à la grande cen-», taurée , mais plus petite & plus r ouste,», fongueuse , un peu unie , sans odeur.», Le meilleur est celui qui n’est point», carié , qui devient gluant dans la bou-», che , & un peu astringent, qui a une», couleur pâle & tirant un peu furie jaune», Iorsqu’on l’a mâché ,,. Cette descriptionconvient fort bien au rhapontic de ProfperAlpin , ou des boutiques. On le place mal-à-propos, comme a fait Morisiòn , parmiles efpeces de lapathum. M. Tourneforten fait un genre particulier , & il l’appellerhíibarbatum forte Dioscorid!s& antiquorum.
Sa racine qui est ample , branchue ,pousse des feuilles austì larges que cellesde la bardane , mais plus rondes , & mu-nies de nerf épais comme le plantain. Dumilieu des feuilles , s’éleve une tige qui aplus d’une coudée de haut , & plus d’unpouce de grosseur : elle est creuse, can-nelée ; & aux endroits de fes nœuds , ilvient des feuilles alternatives rondelettes,de neuf pouces de long , & qui vont feterminer en pointe. Les fleurs y font àtas , disposées en de grosses grappes ra-meuses ; elles font d’une feule piece for-mée en cloche , blanches , & ordinaire-ment divisées en cinq ou six parties obtu-ses : du centre de chaque fleur sortentplusieurs étamines courtes qui environnentW pistil triangulaire, Jequçl fe change en
R H A
une semence de pareille forme , longue dedeux lignes ; chacun de ces trois angle»fe prolonge en s’atténuant dans une ailefeuillée d’une façon élégante.
Le rhapontic naît non-feulement fur lemont Rhodope dans la Thrace , mais en-core dans plusieurs endroits de la Scythie,On le cultive communément dans les jar-dins d’Europe. Sa racine purge modéré-ment en poudre , & est plus astringenteque la vraie rhubarbe : c’est pourquoi onne doit pas mépriser ce remede dans ladiarrhée & la dyssenterie , quand il con-vient d’en arrêter le cours. ( D. J.)
RHAPSODES, f. masc. pi. ( Belles-Lettres. J nom que donnoient les anciensà ceux dont l’occupation ordinaire étoitde chanter en public des morceaux deipoèmes d’Homere, ou simplement de faréciter.
M. Cuper nous apprend que les rhapso-des étoient habillés de rouge quand ilschantoient l’Iliade , & de bleu quand ilschantoient l’Odyssée. Ils chantoient furdes théâtres , & disputoient quelquefoispour des prix.
Lorsque deux antagonistes avoient finileurs parties , les deux pieces ou papiersfur lesquels elles étoient écrites , étoientjoints & réunis ensemble , d’où est venule nom de rhapsodes , formé du grec /><**•*»>je cous , & •í'» , ode ou chant.
Mais ií y a eu d'autres rhapsodes pluíanciens que ceux-ci ; c’étoient des gensqui composoient des chants héroïques oudes poèmes en l’honneur des hommesillustres, & qui alloient chanter leurs ou-vrages de ville en ville pour gagner leurvie. C’étoit - là , dit-on , le métier qu’Ho-mere faisoit lui-même.
C’est apparemment pour cette raisonque quelques critiques ont fait venirmot rhapsodes , non de f**-*» & •i'n > maiíde paSS'a & ttìuíi , chanter avec une brandisde laurier à la main , parce qu’il P arolten effet que les premiers rhapsodes P° r ‘toient cette marque distinctive. .
Philocorus fait aussi venir le nomrhapsodes de pinarui obuç , composes l jchants ou poèmes , supposant que les poemes étoient chantés par lents auteumêmes. Suivaqt cette opinion doot A&-