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pris naissance. Ce bois reçoit un poli ad-mirable, & l’odeur qu’il exhale quandon le met en œuvre ou qu’on le manie,est douce & agréable.
On emploie ce bois de Rhodes des An-tilles dans les ouvrages de marqueterie,de tour , & à faire des chapelets. Ré-duit en poudre, on le mêle parmi lespastilles ; les barbiers en parfumoient au-trefois l’eau dont ils faifoient la barbe ,& la Médecine même le faifoit entrerdans des remedes.
Les Hollandois en tirent par la distil-lation une huile blanche , pénétrante , &fort odorante , que l’on vend fous le nomà'oleum rhodium , & que l’on emploie sou-vent dans ces heaumes que l’on nommeapoplectiques, céphaliques , & qui nefont autre chose que des heaumes échauf-fans. Les parfumeurs fe fervent aussi decette huile de Rhodes. Cette huile nou-velle est assez semblable à l’huile d’olive ;mais avec le tems elle s’épaiíïït & devientd’un rouge obscur comme de l’huile decade : on tire aussi du bois de Rhodes parla cornue un esprit rouge , & une huilenoire & puante , qui n’est d’aucun usage.{D. J.)
RHODES, marbre de , ( Hifl. nat. Li-tholog. ) c’étoit un marbre blanc, d’unegrande beauté , dont les Romains fe fer-voient dans leurs édifices, mais il étoitinférieur à celui de Paros; son nom luivenoit de l’île de Rhodes.
Rhodes , ( Géog. anc. & mod. ) îled’A fie , fur la côte méridionale de l'Ana-tolie , & de la province d’Âïden - Elli ,dont elle n’est séparée que par un canalde huit à dix lieues de large. Cette partiede la mer Méditerranée s’appelloit autre-fois la mer Carpathienne , & fe nommeaujourd’hui la mer de Scarpanto.
L’île de Rhodes peut avoir environ 130milles de tour. Elle a changé plusieursfois de nom , suivant les différentes co-lonies quis’y font établies. Pline dit qu’ellea été appellée Ophieufe , Astérie , Oetbre'e,Trinacrie , Corymbie, Atabaris , & Oleoeffa.Ses trois principales villes étoient d’abordLyndeau sud- est de l’île , Camire à l’oc-cident, & JaLfe au septentrion ; mais laville de Rhodes , bâtie à l’orient du tems
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de la guerre du Péloponnefe » devintbientôt la capitale de toute l’île.
On met au nombre de ses premiers roisThleptoleme , Doricus, Damagete. Mau-fole roi de Carie , s’en empara par laruse , & les Rhòdiens, d’alliés qu’ils étoientde ce prince, devinrent ses sujets. Aprèsfa mort ils voulurent rétablir la démocra-tie , & choisirent le tems qu’Artémife jet-toit les fondemens du mausolée ; maiscette reine , habile & courageuse, surpritla flotte des Rhòdiens, & porta chez euxle fer & le feu.
Rhodes tomba dans la fuite fous la do-mination des Grecs & des Romains. Ellea été très-célebre par les beaux arts quiont fleuri, par fa marine, par son com-merce , par l’équité de ses loix, & parfa puissance. II faut voir comme Pindareen parle , & comme il étale ce que laPoésie a de plus riche & de plus sublimepour relever la gloire de cette île. « C’eíl» fur elle, dit-il, que Jupiter versa une» pluie d’or. Minerve l’enrichit du don» des arts, quoique fes peuples eussent» offensé la déesse, en lui offrant des»> sacrifices fans feu. Rhodes ne fe mon-», troit point encore au milieu des flots,»> lorsque les dieux fe partagèrent le mon-», de. Apollon la demande pour fa part»> & l’obtient ; trois de fes fils y régné-», rent ; c’étoit là qu’étoit marqué comme» à un dieu, le terme des malheurs de» Thleptoleme dans la pompe des jeux», & des sacrifices »».
La ville de Rhodes ayant effacé, parla commodité de son port, la splendeurdes autres villes de l’île, devint de plusen plus florissante par les arts & par lessciences. Ses académies, & fur-tout cellesde Sculpture, y attiroient toutes fortesd’étrangers , & il en fortoit tant de beauxmorceaux , qu’on difoit que Minerve yfaifoit son séjour. On comptoit dans cetteville jufqu’à trois mille statues de dine*rentes grandeurs, toutes d’excellens ar-tistes. Je ne parle point des peintures #des tableaux dont fes temples étoient rem-plis , chefs-d’œuvre de l’art, de la mamdes Parhasius, des Protogène , des Zeu-xis, & des Apelles : Meurcius en aun traité. Pour ce qui regarde ce colol «