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Tome vingt-neuvième.
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162. RHO

d’armes , & les cadavres que demandoit

le roi de Macédoine.

La veuve de Memnon fut la premierefemme qu’aima ce jeune prince après sesvictoires. Elle s’appelloit Barsene , & étoitpetite fille d’un roi de Perse : elle futprise en même tems que la mere , la fem-me & les filles de Darius. Elle savoir &parloir à ravir le grec ; fa douceur, soncaractère , ses grâces & fa beauté , triom-phèrent d’Alexandre. II en eut un fils ,combla la mere de biens , Lt maria très-avantageufement ses deux soeur s, J’uneà Eumenes , & l’autre à Ptolomée :Alexandre étoit fait pour conquérir toutle monde.

On peut joindre à Memnon , Titnos-tkène le rbodien ; il florissoit vers la centvingt-íìxíeme olympiade, fous le régnéde Ptolomée Philadelphie , qui le fit gé-néral de fes armées de mer. C’étoit deplus un homme curieux , & qui joignoitaux lumières de fa proíeífion , toutescelles de la Géographie. II avoir écritun livre intitulé Jes ports de mer , Lt unautre fous le titre de Jìadiafme, quimar-quoitles distances des lieux dans une très-grande étendue de pays. Ces ouvragesn’éxistent plus ; mais on fait qu’Eratof-thène & Pline en ont beaucoup profité.

Clitopbon né à Rhodes , décrivit aussila Géographie de plusieurs pays ; entreautres celle d’Italie & des Gaules ;ouvrages qui fe font perdus, & qui fe-roient pour nous fort intéreííàns. II avoiraussi mis au jour la description des indes ,dont Piutarque & Stobce ont fait mention.

Diognete de Rhodes , rendit par songénie de fi grands services à fa patrie ,qu’il obligea Démétrius Poliorcètes d’enlever le fiege, la premiere année de lacent dix - neuvième olympiade , & 304ans avant Jésus-Christ. Les Rhodienscomblèrent d’honneurs Diognete , & luiassignèrent comme à leur libérateur unepension très-considérable.

Hìpparque mathématicien, & grandastronome, étoit encore de Rhodes, selonPtolomée, & florissoit fous les règnesde Philométor & d’Evergete rois d’E-■gypte, depuis la cent quarante-troiflemeolympiade , jufqu’à la cent cinquante-

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troisième , c’est-à-dire , depuis l’an ií!avant Jefus-Christ , jusques à l’an 125,Pline parle d’Hipparque avec de grandséloges. II laissa plusieurs observations futles astres , & un commentaire fur Ara-fus , que nous avons encore.

Antagoras , poète de Rhodes , vivoitfous la cent vingt-sixième olympiade;Antigonus Gonatas , roi de Macédoine,le combla de faveurs, & fe l’attacha paifes bienfaits. II ne nous reste de fes ou-vrages qu’une épigramme contre Crantor;le tems nous a ravi son grand poème,intitulé U The'batde

Enfin Soficrate , dont les écrits citéspar les anciens , ont péri par l’outragedes tems, étoit aussi natif de Rhdes\tout prouve en un mot, que cette villea fourmillé d’hommes illustres en toutgenre. ( Le Chevalier De Jaucovrt.)

Rhodes colojfe de , ( Art. ftaminanc. ) ouvrage admirable de l’art, quel’on a placé au rang des merveilles dumonde. Je ne puis rien faire de mieuxpour en parler sciemment, que de trans-crire ici la description de Pline , c. vij .p. ic$. & d’y joindre le commentaire deM. le comte de Caylus, inséré dans lesmémoires de Littérature , tome XXV > itf4 0 . Voici le texte de Pline.

" Le plus admirable de tous les co-» losses , est celui du soleil, que l’oJo voit à Rhodes , & qui fut l’ouvrage» de Charès de Linde, éleve de Lyíifîj e ’» Ce colosse avoir foixante-dix coudées» (environ ios piés ) de hauteur, h»» tremblement de terre le renversa aptes» qu’il eut été cinquante-six ans en place»» & quoique renversé , c’est une choie» prodigieuse á voir. II y a très - peu» d’hommes qui puissent embrasser Ion» pouce ; fes doigts font plus grands que» la plupart des statues ; fes membres» épars paroissent de vastes cavernes,

» dans lesquelles on voit les pierres pro-» digieuses que l’on avoir placées danso l’intérieur du colosse , pour le r en ^

» plus ferme dans fa position- Chare» avoir été douze ans à le faire, &^

,1 coûta trois cens talens ( un roiH> 0I, íf„ tre cens dix mille livres ) que les fen» diens avoient retirés de tous les e î