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Tome vingt-neuvième.
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qu’il appelle veYttable , suppose des hom-mes grands comme la moitié supérieuredu colosse. Cette moitié étoit donc à terre ;il étoit donc aisé de la mesurer aussi-bienque le pouce qu’on ne pouvoit embrasser.Delà il est naturel de conclure, que sice colosse avoit été placé à l’entrée duport & les jambes écartées , cette moitiérompue seroit tombée dans la mer.

Spectantur ìntùs magna molis[axa. Phi-lon & Plutarque disent la même chose ;ce dernier en fait une belle applicationaux princes qui ressemblent au colosse ,spécieux par le dehors , plein de terre,de pierre & de plomb au-dedans.

Duodecim annis effeiïum 3CO talentìs ,qua contulerant ex apparatu régis Demetrìi.Tout le monde est d’accord fur ces troisarticles ; on différé fur le tems où l'oncommença à y travailler : lapins communeopinion est , qu’il fut lïni l’an 2.78 avantJ. C. après 12 ans de travail, & qu’ilfut renversé 5 6 ans après , l’an 122.

M. de Caylus examine ici ce qu’il apu rassembler fur la vérité & l’erreurde cette position. Par ce qui a été dit àî’occasion de la chute du colosse, on voitqu’il n’étoit point placé fur la mer , &cque les jambes écartées qu’on lui donne ,font une fuite de l’opinion qu’il étoit placéà l’entrée du port. Plutarque dans l’en-droit cité plus haut, dit que les plus mau-vais sculpteurs, pour en imposer davan-tage , représenroient les colosses avec lesjambes les plus écartées qu’iîs pouvoient ;argument indirect contre i’éeart-ement desjambes de celui de Rhodes , dont assuré-ment il faisoit autant d’efiime que lesanciens Grecs. La traduction du prétendumanuscrit grec sur le colosse de Rhodes ,cité par M. deChoul, fait poíer le colossesur une base triangulaire , sans doute parrapport à la figure de Pile , que Pline ,à cause de cette prétendue figure > appelleTrinacria, dans la liste de ses autres noms.

Quoique ce prétendu manuscrit grecne mérite guere de croyance, parce qu’ilajoute aux narrations connues, mettantune épée & une lance dans les mains ducolosse, avec un miroir pendu à son cou,( outre d’autres circonstances fabuleuses ) :cependant cette base triangulaire pour ses

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deux piés du colosse, est digne de re-marque.

Colomiés , qui cite cette traductioncomme un fragment de Phiîon, ne prendpas garde qu’elle finit par l’enlevemenrdes débris ; ce qui démontre que si fauteura existé , ce ne peut être qu’à la fin duvij. siecle. Philon de Byzance écrivoità-peu-près du tems que le colosse étoitencore fur pié , puisqu’il ne parle pointde sa chute ; on le croie un peu posté-rieur à Archimede. On ne sait si c’est luidont parle Vitruve , ou celui dont l’ou-vrage grec a été imprimé au Louvre; caril y a un très-grand nombre de Philons,poètes , historiens & mathématiciens,&c. Celui qui nous a laisse un petit traitéfur les sept merveilles, ne parle que d’unebase, & la dit de marbre blanc ; la grandeidée qu’il en donne, convient au monu-ment qu’elle portoit ; mais ce qui nousimporte, c’est qu’il ne fait mention qued’une; & dans la supposition moderne,il en auroit fallu deux pour laisser le pas-sage aux vaisseaux.

II est assez étonnant que dans ces der-niers tems on ait imaginé le colosse placeà l’entrée du port, avec les jambes écar-tées ; on ne le trouve décrit dans cetteposition dans aucun auteur , ni représentedans aucun monument ancien : ce ne peutêtre que quelque vieille peinture fur verretou quelque dessein d’imagination , qui aitété la premiere source de cette erreur.Vigenere est peut-être le premier qui sesoit avisé de l’ecrire : il a été suivi deBergier de Chevreau , qui, tout hommede lettres qu’il est, ajoute pourtant quece colosse ter.oit un fanal à la main; deM. Rollin , & de la plupart de nos dic-tionnaires , &c. Daper ne dit pas un motde cette position. De quelque façon quece colosse ait été pseeé , voici ses réflexionsde M. le comte de Caylus fur les moyeu*dont il a pu être exécuté.

J’avois toujours imaginé , dit-n»que des corps d’une étendue pareille ices colosses, ne pouvoient être jette*dsiin seul jet. Tout a des bornes dans hnature , & la chaleur ne peut se conser-ver â uhe aussi grande distance du seur-nçau don£ elle part, pour porter la mati« £e