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Tome vingt-neuvième.
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ìrvsnt que la force du premier soit épuisée :en sorte qu’une ame sensible peut, a lafin être mise entièrement hors d elle-

même. . .

Effectivement l’on voit des personnesqui commencent à chanter & à dansersans en avoir une grande envie, & quipeu-à-peu réchauffent & ne finissent quelorsqu’elles tombent comme en défaillance,parce que leur corps n’est plus capablede supporter la fatigue ; cela arrive sur-tout lorsque les instrumens qui accom-pagnent le chant ou la danse, rendent lerbythme toujours plus sensible. 11 n’est paspossible de décrire si bien exactement toutce qui se passe alors dans l’ame de cespersonnes ; mais quelqu’un qui est accou-tumé à observer les phénomènes psycho-logiques avec quelque attention , compren-dra , par le moyen de ce que nous venonsde remarquer, comment le rbythme di-minue un ouvrage continuel & uniforme,& comment il entretient & augmentegraduellement les sentimens.

Enfin, on comprend, à l’aide de toutesces considérations fur le rbythme , commenton peut,par son moyen,donner à une fuitede sons indifférons en eux-mêmes , lanature d’un discours moral ou passionné.Cet objet seul mériteroit d’être examinédans toute son étendue , parce que parson moyen on mettroit dans tout son jourla véritable essence , la nature la plus ca-chée de la musique. Cet examen deman-deroit un traité étendu , & nous sou-haiterions de pouvoir engager un hommeversé dans la musique à le faire, parceque tous ceux qui ont écrit jufqu’à présentsur cet art, ont passé presque absolumentfous silence ce point fi essentiel, & quidécouvriroit toute l’essence de l’art. Noussommes forcés à nous en tenir à quel-ques remarques fondamentales.

i . Une fuite de sons divisée simple-plement en mesures homogènes égalementgrandes, comme le font celles qu’obfer-vent les batteurs en granges & les ma-réchaux , a le pouvoir de soulager le travaildes ouvriers : mais cette même fuite desons est plus significative pour le spec-tateur qui la considéré uniquement commecomposte de sons, & Pexamine comme

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ayant quelque chose de commun avec lediscours : car si l’on se représente qu’onentend un homme parier une langue étran-gère en observant cette mesure , aussi-tôt cette suite de sons divisée en membreségaux , réveille en nous l’idée d’un hom-me qu’un seul & même objet entretient:dans une sensation ou dans une activitédéterminée, & l’on peut observer fi cettesensation est vive ou si elle est douceou tranquille. On trouvera même qu’àl’aide de ce rbythme simple , il est pos-sible d’exprimer plusieurs mouvemens del’ame par des mots inintelligibles en eux-mêmes : on sent ce que nous venons dedire , quoiqu’il soit impossible de le décrireen peu de paroles. Celui qui voudroittraiter cette matière à fond , n’auroitqu’à écrire une fuite de sons semblablesà ceux d’un maréchal, les diviser succes-sivement en différentes mesures, leurdonner différons mouvemens , différonsdegrés de grave & d’aigude piano &de forte , comme fig. i , planch. XIV'.de Mufiq. & il ne lui seroit pas difficilede former plusieurs suites de cette efpece >dont chacune auroit un caractère passa-blement déterminé. Par ce moyen , oncommenceroit à comprendre commentdes sons indifférons par eux-mêmes, peu-vent , par le moyen du rbythme le plussimple , acquérir une signification déter-minée , quoique générale..

2 °. Fait-on un pas de plus, & forme-t-on de ces membres simples ou mesuresdes membres plus grands, en forte quechacun de ces nouveaux membres soitcomposé de deux, trois ou quatre me-sures , alors on obtient par cette nouvelledivision rhythmique un nouveau moyende donner à ce langage inintelligible unesignification intelligible. Par ce nouveaumoyen, on divise ce langage en phrasesplus ou moins courtes , & de ces phraseson forme des périodes déterminées &détachées.

3°-. Pour rendre ce langage encore plusintelligible , on peut faire une quantitéinnombrable de changemens par le moyendes phrases composées de deux, trois ouquatre mesures : chacun de ces change-mens exprimera quelque chose de différent,.