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donna douze mille , Genes & Boulognesix mille. II céda à Nicolas III. les terresque la comtesse Matilde avoit cédées ausaint siégé , & renonça à exercer aucundroit de suzeraineté sur la ville de Rome.Mais il ne faisoit ces concessions que pouraffermir son autorité en Allemagne , &pour y faire succéder Tordre à la confu-sion. II avoir un grand empire à réformer,& il sentait combien cec ouvrage étoit■difficile. L’Alsace étoit partagée entre plu-sieurs seigneurs qui s’obstmoient à ne pointreconnoître ds maître. On ne pouvoir fedispenser de faire la guerre ; Rodolpbeobtint des troupes par fa prudence &soumit tout par sa valeur. Ceux qui possé-doient des terres dans la Suabe relevoientde la maison impériale de Suabe , aprèsT extinction de cette illustre famille , parle supplice de Tinfortuné Conradin : ilsprétendirent ne relever que de TEmpire.Rodolpbe les força de reconnoître l’auto-rité d’un gouverneur ; il en mit un éga-lement en Alsace. Cependant, OctocareIII , roi de Bohême, différait à rendrehommage ou plutôt le refusait avec arro-gance : ses ambassadeurs protestèrent rné-me en pleine assemblée contre-sélection dePempereur. “ Le roi Ottocare, disoient-ilsinsolemment , ne doit rien â Rodolpbe ,
• autrefois son domestique ; il ne lui a rienretenu de ses gages o. Rodolpbe -, pourréporise , le fait déclarer ennemi del’em-ipire amsi que le duc de Bavière , qu-il
avoit attiré dans son parti. Le roi de Bo-hème voulut en vain soutenir sa révolte ; ‘
• attaqué dans le centre de ses états , il estforcé de tomber à genou devant celuiqu’il a dédaigné comme son domestique.Le fier Octocare consentit donc â fairehommage pour son royaume de Bohème& pour le duché de Moravie ; il demandapour grâce de rendre cet hommage sousdes tentes pour lui épargner une mortifi-cation publique. L’empereur paslà dansListe de Camberg , au milieu du Danube.Ottocare vient l’y trouver couvert d’or& de pierres précieuses. Rodolpbe , quin’estime que les qualités de Lame , le re-çoit avec un habit gris, qu’il portait or-dinairement ; mais au milieu de la céré-monie , la tente se leve & laisse voir aux
Tome XXIX.
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deux armées qui bordent le fleuve , lesuperbe Ottocare à genou , les mainsdans celles de son vainqueur. Le roi deBohème cédait par le traité tous sesdroits fur T Autriche , la Stirie & la Car-niole. Cette paix fut aussi-tôt rompueque signée. La reine de Bohême , prin-cesse ambitieuse , fit rougir son mari devivre sujet de l’empereur , qu’elle ap-pelloit toujours son maître-d'hôtel. Elleavoit cependant éprouvé plusieurs foisque ce maître-d’hôtel étoit un grand gé-néral : Ottocare paya de fa tête la vanitéde son épouse ; il fut vaincu & tué dansune bataille. Rodolpbe , modéré dans lavictoire , plaignit les vaincus , & donna lacouronne de Bohême à Wenceslas, filsdu feu roi , auquel il fit épouser quelquetems après une de ses filles. L’empereurfit aussi-tôt son entrée dans Vienne , & yfixa fa cour. Louis de Bavière , qui avoitdes droits fur L Autriche , fit plusieurstentatives pour Leu éloigner. Rodolpbifond fur lui avec ses troupes victorieuses& le met en fuite ; alors , dit un mo-derne , on vit ce prince que les électeursavoient appellé à Lempíre , pour y régnerfans pouvoir , devenir en effet le conqué-rant de L Allemagne , & leur imposer laloi ; mais tandis qu’d affermissait le trône& lui rendait quelques rayons de son an-cien éclat, il ne négligeait rien pour tirería famille de l’obfcurité ; il donna Lin-vestiture de L Autriche , de la Stirie & deIa Carniole à ses fils, Albert & Rodol-phe. Une vieille chronique que des au-teurs accusent d’infidélité , dit que lejeune Rodolpbe eut le duché de Suabe ;mais de ce que ses descendans ne le possè-dent plus , ce n’est pas une raison derejettes ce fait: il est probable que l’em-pereur n’aura rien nég’igé pour fairepasser dans fa famille un fief de cette im-portance. II eût bien voulu placer son filsAlbert fur le trône d’Hongrie , vacantpar la mort de Ladistas III, tué par lesTartares Cumins, mais Nicolas , qui ,conformément aux prétentions de sonsiégé, soutenait que tosts les royaumesétaient fiefs de Rome , lui 'opposait plu-sieurs obstacles , & nomma Charles Mar-tel , afrîere-fiîs de Charles d’Anjou. -Les