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Tome vingt-neuvième.
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gauche , tous avec leurs bagages ; en forteque la forme de la marche & celle ducamp , croient à-peu~près semblables. Lamarche de farinée croie une efpece decamp ambulant: les cavaliers marchoienttantôt fur les ailes , & tantôt à l’arriere-garde. Lorfqu’il y avoir du danger , toutel’armée fe ferroit , & cela s’appelloitfilatttm agmen ; alors on faifoit marcherséparément les bêtes de charge , afin den’avoir aucun embarras, au cas qulil fallutcombattre : les vélites marchoient à latête. Le général qui .'toit toujours accom-pagné de soldats d’élite , fe tenoit au mi-lieu , ou dans l’endroit où fa présenceétoit nécessaire ; la marche ne fe faifoitaìníì que quand on craignoit d’être attaqué.

Quand on étoit prêt d’arriver àl’endroitoù l’on devoir camper , on envoyoit de-vant les tribuns & les centurions avec desarpenteurs , ou ingénieurs , pour choiíìrHn lieu avantageux , & en tracer les li-mites ; les soldats y entroient comme dansune ville connue & policée , parce que lescamps étoient presque toujours uniformes.

Les travaux des soldats dans les sièges ,& dans d’autres occasions , étoient fortpénibles. Ils étoient obligés , par exem-ple , de faire des circonvallarions , decreuser des fossés , &c. Durant la paix ,on leur faifoit faire des chemins, construiredes édifices, & bâtir même des villes en-tieres , si l’on en croît Dion Castïus , quil’assure de la ville de Lyon. II en est ainside la ville de Doesbourg dans les Pays-Bas , dans la Grande Bretagne , de cettemuraille dont il y a encore des restes, &d’un grand nombre de chemms magnifi-ques.

Le troisième exercice , étoit celui desarmes qui fe faifoit tous les jours dans letems de paix , comme dans le tems deguerre , par tous les soldats , excepté lesvétérans ; les capitaines même & les gé-néraux , comme Scipion , Pompée , &rfautres, fe plaifoient à faire l’exercice ;c’étoit fur-tout dans les quartiers d’hiverqu on étabhssoit des exercices auxquelsprésidoit un centurion , ou un vétérand’une capacité reconnue. La pluie ni leyent ne les interro’mpoient point , parceçy’jls avoient des endroits couverts desti-

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nés à cet usage. Les exercices des armesétoient de plusieurs efpeces ; dans la mar-che on avoit fur-tout égard à la vitesse;c’est pourquoi trois fois par mois on faifoitfaire dix mille pas aux soldats armés ,& quelquefois chargés de fardeaux forepékans ; ils en faifoient même vingt mille ;si l’on en croit Végece , ils étoient obligésd’aller & de venir avec beaucoup de cé-lérité.

Le second exercice , étoit la course furla même ligne; on obligeoit les soldats decourir quatre mille pas armés & fous leursenseignes. Le troisième consistoit dans lefaut, afin de savoir fauter les fossés quandil en étoit besoin. Un quatrième exercice,regardé comme important , étoit denager ; il se pratiquoit dans la mer , oudans quelque fleuve , lorsque l’armée fetrouvoit campée sur le rivage , ou dans leTibre proche le champ de Mars. Le cin-quième exercice étoit appellé palaria ; ilconsistoit à apprendre à frapper l’ennemi,& pour cela le soldat s’exerçoit à donnerplusieurs coups à un pieu qui étoit plantéà quelque distance , ce qu’ils faifoient enprésence d’un vétéran , qui instruisoit lesjeunes. Le sixième exercice montroit lamaniéré de lancer des fléchés & des jave-lots ; c’étoit proprement l’exercice de ceuxqui étoient armés à la légere. Enfin lefeptieme étoit pour les cavaliers , qui sou-doient l’épée à la main fur un cheval debois. Ils s’exercoient aussi à courir àcheval , & à faire plusieurs évolutionsdifférentes : voilà les exercices qui étoientles plus ordinaires chez les Romains ; noussupprimons les autres.

La troisième panie de la discipline mi-litaire consistoit dans les loix de la guerre.II y en avoit une chez les Romains quiétoit très- sévere , c’étoit contre les vols.Frontin , Stratag. liv. 1. ch. iv. nousapprend quelle en étoit la punition. Celuiqui étoit convaincu d’avoir volé la pluspetite piece d’argent étoit puni de mort.î! n’étoi t pas permis à chacun de piller in-différemment le pays ennemi. On y en-voyoit des dérachemens ; alors le butinétoit commun ; & après que le ques-teur l’avoit fait vendre , les tribuns distri-bucâent à chacun fa part ; ainsi persopng