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exercices que Scipion PAfriquain faisoitfaire aux soldats après la prise de Carthagela neuve. Marius , malgré fa vieilleílè ,alloit tous les jours au champ de Mars.Pompée , à Page de. cinquante-huit ans ,alioit combattre tout armé , avec lesjeunes gens ; il montoit à cheval , cou-roit à bride abattue , & lançoit ses ja-velots.
Toutes les fois que les Romains secrurent en danger , ou qu’ils voulurentréparer quelque perte, ce fut une prati-que constante chez eux d’affermir la dis-cipline militaires. Ont-ils à faire la guerreaux Latins, peuples aussi aguerris qu’eux-mêfries , Manlius songe à augmenter laforce du commandement , Lc tait mourirson fils qui avoir vaincu fans ordre. Sont-ils battus à Numance , Scipion Emilienles prive d’abord de tout ce qui les avoiramollis. 11 vendit toutes les bêtes de som-me de l’armée , & fit porter à chaquesoldat du blé pour trente jours , & septpieux.
Comme leurs armées n’étoient pas nom-breuses , il étoit aisé de pourvoir à leursubsistance ; le chef pouvoit mieux lesconnoître , & voyoit plus aisément lesfautes & les violations de la discipline.La force de leurs exercices , les cheminsadmirables qu’ils avoient construits , lesmettoient en état de faire des marcheslongues & rapides. Leur présence inopi-née gìaçoit les esprits ; ils se montroientfur-tout après un mauvais succès , dansle tems que leurs ennemis étoient danscette négligence que donne la victoire.
Leurs troupes étant toujours les mieuxdisciplinées , il étoit’dífficile que dans lecombat le plus malheureux , ils ne seralliassent quelque part, ou que le désor-dre ne se mîc quelque part chbz les enne-mis. Aussi les voit-on continuellementdans les histoires, quoique surmontés dansle commencement par le nombre & parPardeur des ennemis , arracher enfin lavictoire de leurs mains.
Leur principale attention étoit d’exa-miner en quoi leur ennemi pouvoit avoirde la supériorité sur eux ; & d’abord ils ymettoient ordre. Les épées tranchan-tes des Gaulois , les éléphans de Pyr-
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rhus, ne les surprennent qu’une fois. Iîssuppléèrent à la foibleíse de leur cava-lerie , d’abord en ôtant les brides deschevaux , pour que l’impétuosité n'en pûtêtre arrêtée , ensuite en y mêlant des vé-lites. Quand ils eurent connu Pépée es-pagnole , ils quittèrent la leur. Us éludè-rent la science des pilotes, par l’inven-tion d’une machine que Poíybe nous adécrite. En un mot , comme dit Jose-phe , la guerre étoit pour eux une médi-tation , la paix un exercice.
Si quelque nation tint de la nature oude son institution , quelque avantage par-ticulier , ils en firent d’abord usage : ilsn’oublierent rien pour avoir des chevauxnumides , des archers crétois , des fron-deurs baléares, des vaisseaux rhodiens ;enfin jamais nation ne prépara la guerreavec tant de prudence , & ne la fit avectant d’audace.
Elle parvint â commander à tous lespeuples , tant par Part de la guerre quepar fa prudence , fa sagesse , sa constan-ce , son amour pour la gloire & pour lapatrie. Lorsque sous les empereurs tou-tes ces vertus s’évanouirent , Part mili-taire commença à décheoir ; mais lors-que la corruption se mit dans la milicemême , les Romains devinrent 'a proiede tous les peuples. La milice étoit déjadevenue très à charge à Pétat. Les sol-dats avoient alors trois sortes d’avantages,la paie ordinaire , la récompense après leservice , & les libéralités d’accident, quidevinrent des droits pour des gens quiavoient le prince & le peuple entre leursmains. L’impuissance où l’on se trouvade payer ces charges , fit que l’on pritune milice moins chere. On fit des trai-tés avec des nations barbares qui n’a-voient ni le luxe des soldats romains , nile même esprit, ni les mêmes prétentions.
11 y avoir une autre commodité à cela :comme les Barbares tomboient tour-à-coup fur un pays , n’y ayant point chezeux de préparatifs apiès la résolution departir, il étoit difficile de faire do> levéesà tems dans les provinces. On prenoitdonc un autre corps de Barbares toujoursprêt à recevoir de l'argent, à piller & ise battre. On étoit servi pour le moment;