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& les ponts de la ville. Au contraire lamagnificence de Rome fous les empereurs,se manifeste dans les ouvrages qui con-cernoient plutôt l’ostentation ou le luxe ,que futilité publique ; tels font les bains,Jes amphithéâtres, les cirques , les obé-lisques , les colonnes, les mausolées, lesarcs de triomphe, &c. car ce qu’ils joi-gnoient aux aqueducs , étoit plutôt pourfournir leurs bains & leur naumachie , &pour embellir la ville par des fontaines,que pour quelque besoin effectif. Ces di-vers restes ont été fi amplement décritspar quantité de voyageurs & d’autres écri-vains , dont les meilleurs ouvrages ontété recueillis dans la vaste collection deGronovius, qu’il est difficile de rien direde neuf fur un sujet si rebattu. Cepen-dant , i! y a tant de choses remarquablesdans un champ si spacieux , qu’il est dif-ficile de les considérer sans faire différen-tes réflexions , ou selon son génie , ou selonles études que l’on a cultivées.
En général parmi les antiquités de Rome ,les anciennes statues font í’objet qui a leplus de partisans, à cause de l’excellence del’ouvrage. On est enchanté de voir les visa-ges de gens illustresqu’on connoît tantdansl’histoire. On aime à considérer la ressem-blance qui fe trouve entre les figures desdivinités du paganisme, & les descriptionsque les poètes nous en ont données , soitque les poètes aient été les copistes dela sculpture greque , soit que la sculptureait pris ses sujets dans les poètes. Rome ,maîtresse de l’univers , rassembla dans sonsein les plus beaux morceaux de laGrece.
Quoique les statues qui ont été trou-vées parmi les débris de l’ancienne Rome ,surprennent par leur nombre prodigieux ,il ne faut point douter qu’il n’y ait en-core sous terre dë grands trésors en cegenre. II y a plusieurs endroits qui n’ontjamais été visités. On n’a point touchéâ une grande partie du mont Palatin ;& comme c’étoit autrefois le siège dupalais de l’empereur , on peut présumerqu’il n’est pas stérile en richesses de cegenre.
II y a des entrepreneurs à Rome quiachetent volontiers le droit de fouiller deschamps, des jardins ou des vignobles.Tome XXIX.
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[ Ils payent l’étendue de la surface qu’ilsont à creuser ; & après l’essai, commeon fait en Angleterre pour les mines decharbon , ils remuent les endroits qui pro-mettent davantage, & souvent avec succès.S’ils sont trompés dans leur attente, ilsgagnent ordinairement assez de briques& de décombres pour se rembourser desfrais de leurs recherches , parce que lesArchitectes estiment plus ces matériauxanciens, que les nouveaux. Mais on croit,fur-tout à Rome , que le lit du Tibre estle grand magasin de toutes ces sortes detrésors ; cette opinion est si générale, queles Juifs ont autrefois offert au pape denettoyer cette rivière , pourvu qu’ilseussent seulement ce qu’ils y trouveroient.Ils proposèrent de faire un nouveau canaldans la vallée près de Ponte-Molle, pourrecevoir les eaux du Tibre , jufqu’à cequ’ils eussent vuidé & nettoyé l’ancien.II falloit accepter une proposition si fa-vorable ; !,e pape la refusa par une vaineterreur ; il est certain que la ville de Romerecevroit un grand avantage d’une telleentreprise , qui releveroit les bords duTibre, & remédieroit à ses fre'quens dé-bordemens.
Rome offre un autre spectacle curieux,c’est la grande variété des colonnes demarbre dont elle est remplie , & qui ontété tirées d’Egypte ou de la Grece. Onconçoit la difficulté qu’on a dû éprouverpour les tailler & leur donner la forme,la proportion & le poli. Je fais que quel-ques modernes condamnent la proportion& la forme de ces colonnes ; mais lesanciens sachant que le but de i’architec-ture est principalement de plaire à l’œil,s’attachoient à remplir ce but ; c’étoit uneffet de l’art , & de ce que les Italiensappellent ìlgttfto grande', ils considéroienttoujours l’affiette d’un bâtiment, s’il étoithaut ou bas , dans une place ouverte oudans une rue étroite , & ils s’écartoientplus ou moins des réglés de l’art, pours’accommoder aux diverses distances &élévations, d’ou leurs ouvrages dévoientêtre regardés.
Je mets au rang des colonnes de Rome ,tous les obélisques qui font dans cettecapitale, & qui y ont été apportés d’£~
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