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Tome vingt-neuvième.
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étoiles & la lune la pressoicnt en bas ; Scc’est pour cela que les philosophes qui fontvenus ensuite , ont ajouté que la. rosée tom-bait en très grande abondance , lorsquela lune étoit pleine , 8c qu'eile luisoit toutela nuit. Ils ont appelle la lune, la mer dela rosée , ( Virg. géorg. L III ) & la rosée ,la fille de l’air ù de la lune ( Plut. symp, 9 ).Cependant on rama (Te tout autant de rosée ,& avec la même facilité , dans les nuits oàla lune ne luit pas, qu’à la clarté de cetastre ; & quelle vertu pourraient avoir lesrayons de lumière qui en partent, puisque. si on les reçoit fur le plus grand miroir ar-dent, & qu’enles rassemblant dans le foyer,on les y condense cinq cens fois davantage,jls ne produisent pas le moindre effet fur lethermomètre le plus mobile. Voye\_ Cha-xeur, Lune, bc.

On peut distinguer la rosée d avec la lune,i°. parce que la pluie est une eau blanche8c claire, au lieu que la rosée est jaune &trouble ; i°. en ce que seau de pluie puredistillée, n’a ni odeur ni goût, au lieu queJa rosée distillée a 1 une & l'autre.

La troisième espece de rosée dont nousavons à parler, porte ce nom abusivementil s'agit de ers gouttes aqueuses que sonVoit à la pointe du jour íur les feuilles desplantes 8c des arbres, après une nuit seche.On a cru que cette liqueur tomboit de f air,sur les plantes & fur l'herbe , où elle fetrouve en si grande quantité , qu'on nesauroit traverser le matin une prairie , fansavoir les pieds tout mouillés. On se trompefort à cet égard , car la rosée des plantesest proprement leur sueur, & par consé-quent une humeur qui leur appartient, 8cqui fort de leurs vaisseaux excrétoires.

Tantôt on voit ces gouttes rassembléesproche de la tige où commence la feuille,comme dans les choux & les pavots: d'au-tres fois elles se tiennent fur le contour desfeuilles 8c fur toutes les éminences, commecela fe remarque , sur tout dans le cressond inde ; quelquefois on les voit au milieude la feuille proche de la côte : elles fetrouvent auiïï assez souvent fur le sommetde la feuille , comme dans l'herbe des prés,Çtc. L'origine de cette rosée peut s expliquerainsi, selon M. Mufchembroeck. Lorsqueje soleil échauffe la terre pendant le jour,

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8c qu’iî met en mouvement l'humidité qu!s'y trouve, elle s'eleve & s’insinue dans lesracines des plantes contre lesquelles elle estportée ; après que cette humidité s'est unefois introduite dans la racine, elle continuede monter plus haut , passant par la tigedans les feuilles, d'où elle est conduite parles vaisseaux excrétoires, fur la surface oùelle fe rassemble en grande quantité, tandisque le reste demeure dans la plante ; maiscette humidité fe desseche d'abord pendantle jour par la chaleur de f air , de fortequ'on n'en voit point du tout pendant lejour fur les feuilles, & comme il ne retournealors que peu de liqueur dans la tige 8c versla racine, toutes les plantes paraissent fefaner en quelque forte vers le milieu dujour : les liqueurs qui ont été échaufféescontinuent de fe mouvoir dans la terrependant la nuit ; elles viennent fe rendrede même que pendant le jour contre lesracines des plantes , elles y entrent toutcomme auparavant, 8c s'élevent ensuite enhaut ; mais les plantes fe trouvent alorstoutes entourées d'un air plus froid : lequeldesseche moins les humeurs : ainsi les sucsqui s'écoulent des vaisseaux excrétoires, 8cqui ne fe dessèchent pas après en être sortis,fe rassemblent insensiblement, ô: prennentla forme de gouttes, qui font le matin danstoutç leur grosseur , à moins qu'elles nesoient dissipées par le vent, ou desséchéespar la chaleur du soleil levant.

Comme ce sentiment est nouveau, lemême physicien, que nous avons cité dans.tout cet article, s'est attaché à le prouverpar diverses expériences très-exactes, qu'ilrapporte, §. Z 533 de son essai de physi-que.

La rosée est faine ou nuisible aux animaux& aux plantes , selon qu’elle est composéede- parties rondes ou tranchantes, doucesou âçres , salines ou acides , spiritueusesou oléagineuses , corrosives ou terrestres 5c'est pour cela que les médecins attribuentà la rosée diverses maladies. Vossìus, d'aprèsThomas Cantipratenlìs, dans son livre furles abeilles , avertit les bergers de ne pasmener paître leurs troupeaux de grand ma-tin dans les champs qui fe trouvent cou-verts de rosée , parce que la rosée , qui estextrêmement subtile , s'insinue dans les

yifeeres,