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saffectîon da peuple , il n’auroit jamais étédangereux s’il ne s etoit aveuglément résignéà la conduite de Shasishury, politique au-dacieux , qui ie flatta de l’espoir de succéderà la couronne.
Le duc d’Yorck connoiísant tout le créditdu duc de Monmouth , le fit exiler duroyaume. îl choisit la Hollande pour saretraite ; & comme personne n’ignoroit lapart qu’il avoir toujours eue à l’aflectiond’un pere indulgent, il avoir trouvé toutessortes de distinctions &c d’honneurs , fousla protection du prince d’Orange. LorsqueJacques étoit monté fur le trône, ce princeavoir pris la résolution de congédier Mon-mouth & ses partisans ; ils s'étoient retirésà Bruxelles , où 1 » jeune fugitif se voyantencore pouriuivi par la rigueur du nouveaumonarque, sut poulie contre son inclina-tion à former une entreprise téméraire &prématurée sur l’Angleterre. Il ne pouvoirse dissimuler que Jacques avoir succédé autrône fans opposition ; le parlement qui setrouvoit assemblé, témoignoit de la bonnevolonté à satisfaire la cour , & Ion ne pou-voir douter que son attachement pour laCouronne , ne donnât beaucoup de poidsà toutes les mesures publiques, Les abusétoient encore éloignés de l’excès, & lepeuple n’avoit pas encore marqué de dis-position à s’en plaindre amèrement. ToutesCes considérations se présenterent sans douteau duc de Monmouth ; mais telle fut H im-patience de ses partisans , telle aussi la pré-cipitation du comte d’Argyle , qui étoitparti pour faire soulever rÈcolse, que laprudence ne fut point écoutée, le mal-heureux Monmouth se vit comme entraînéVers son sort.
La bataille de Sedgemoor près de Bríd-gewater, se donna en r 685 ; le duc deMonmouth la perdit & s’éloigna par unepompte fuite, mais après avoir fair plus deVingt railles , son cheval tomba sous lui ;il changea d'hr.bits avec un paysan , dansl’espérance de le mieux cacher ; le paysaníut rencontré avec ceux du fugitif, parquelques royalistes qui le poursuivoient ;les recherches en devinrent plus ardentes, &1 infortuné Monmouth fut enfin découverta*u tond d’un sosie, couvert de fange , lecorps épuisé de fatigue & de fairn, l'esprit
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abattu par l’ìmage présente de ses malheurs,&c par celle du tort qui le menaçoit : lanature humaine n’a point de ressource contreune si terrible situation ; bien moins dansun homme amolli par une continuelle pros-périté , qui s'est cru sur-tout distingué parla valeur militaire. Monmouth ne put re-tenir ses larmes lorsqu’il se vit entre lesmains de ses ennemis ; il parut enfin s’aban-donner à l’amour , & même à l’espérancede la vie.
Quoique la grandeur de ses offenses, Scle caractère de Jacques , duisent lui fairecomprendre qu’il ne falloir compter suraucune grâce, il lui écrivit dans les termesles plus humbles , & le conjura d’épargnerle sang d’un frété qui n’auroit à l’avenir quedu zele pour ses intérêts. Le roi lui voyanttant de foiblesie & d’abattement, se le fitamener, & se flatta de lui arracher l’aveude tous ses complices ; mais quelque passionque Monmouth eût pour la vie, il ne voulutpoint l’acheter par un infâme oubli de 1 hon-neur. En reconnoiflant l’inutilité de sesefforts, il reprit courage de son désespoir ,&ne pensa qu’à se disposer à la mort, avecdes sentimens plus dignes de son caractère& de son rang.
Ce favori du peuple Anglois fut accom-pagné fur l’échaffaut d’une abondante Sclìncere effusion de larmes ; il pria i’exécu-teur de ne pas le traiter comme Ruiffel,pour lequel il avoir eu besoin d’un coupredoublé ; mais cette précaution ne servitqu’à l’effrayer ; il frappa Monmôurh d’uncoup foible , qui lui laissa la force de serelever, & de le regarder au visage, commepour lui reprocher son erreur ; il replaçadoucement sa tête sur le bloc , & l’exécu-teur lui donna deux autrescoupsquin’eurentpas plus d’effet ; à la fin il jeta fa hache , encriant qu’il étoit incapable d’achever le san-glant osiìce ; les schériss ì’obiigerent de lareprendre, & deux autres coups séparèrentla tête du corps.
Telle fut, en 168 5 , à l’âge de trente-sixans, la sin d’un seigneur que ses belles qua-lités , dans un temps moins tumultueux,auroient pu rendre l’ornement de la cour ,j & capable même de servir sa patrie ; je dis' fa patrie , car Rotterdam n’étoít que son