Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
475
JPEG-Download
 

R O 15

toujours ; enfin, qu’il parie trop peu desgrandes qualités de Henri IV, & trop duP. Cotton.

Cependant , ajoute M. de Voltaire ,l’histoire du P. Daniel, avec tous ses dé-fauts , est encore la moins mauvaise qu’onait, du moins jufqu’au régné de Louis XI.Il dit dans fa préface, que les premiers tempsde Phistoire de France font plus inréressansque ceux de Rome , parce que Clovis &Dagobert avoient plus de territoire queRomulus & Tarquin ; il ignoroit, en parlant ,ainsi , que les foibles commencemens detout ce qui est grand , intéressent toujoursies hommes : on admire la foible origined’un peuple qui étendit son empire jufqu’àl’Eibe , l’Euphrate & le Niger. D ailleurs,rien n’intéresse moins que les commence-mens de notre histoire, & même depuis lecinquième siecle jufqu’au quinzième , cen’est qu’un chaos d’aventures barbares, fousdes noms barbares.

Outre Phistoire de France du P. Daniel,dont il donna aussi un abrégé enA.no/. iri-ií,il a encore publié , i°. une histoire de lamilice Françoise ,i n-4 0 . en L vol. ; i°. voyagedu monde de Descartes , i/i tz. , C est unejolie critique du système de ce philosophe :ce livre a été traduit en Anglois & en Italien ;3°. plusieurs opuscules qui ont été recueillisen ^ vol. in-4 0 . Il mourut en 1728 , âgéde 79 ans.

Fontaines ( Pierre-François Guyot des)mourut à Paris en 1745 , à 6o ans. Il estconnu par fes observations fur les ouvragesnouveaux , journal périodique, dans lequelil n’a déchiré que trop souvent des hommescélébrés, qu’iì devoir aimer & estimer ; maisil s'est fait honneur par fa traduction desceuvres de Virgile , avec des remarques ;elle a été imprimée à Paris en 17 54, en 4 vol.úa-Z2., & c’est la meilleure que nous ayionsdans notre langue.

Fontenelle ( Bernard Bouvier de ) a vurenaître cent rois le feuillage du printemps,nuis avoir éprouvé de passions pendant unesi longue vie , & fans infirmités dans favieillesse-, U a fini f a carrière en 1757 , & ilvivoit encore quand Fauteur de Y essai surl histoire générale a fait son éloge , quepersonne depuis n’a contredit, ni effacé.

On peut, dit-il, regarder M. de Fon-

R O U 475

teUelle comme Pefprit le plus universel quele siecle de Louis XIV ait produit ; il aressemblé à ces terres heureusement situées,qui portent toutes les efpeces de fruits ; iln’avoit pas vingt ans lorfqu’il fit une grandepartie de la tragédie-opéra de Bellêrophon ;& depuis il donna Popéra de Tkétis 8c Fêléequi eut un grand succès ; il fit beaucoupouvrages légers , dans lesquels on remar-quoit déjà cette finesse & cette profondeur; qui décele un homme supérieur à fes ou-vrages mêmes ; c’est ce qu’il a prouvé dansfes dialogues des morts , & dans fa pluralitédes mondes. Il fut faire des oracles de Van dale,un livre agréable.

Il fe tourna vers la géométrie & vers laphysique, avec autant de facilité qu’il avoitcultivé les arts d’agrément ; nommé sécré-tasse perpétuel de Pacadémie des sciences,il exerça cet cm ploi pendant plus de quaranteans avec un applaudissement universel. Sonhistoire de Pacadémie jette très-souvent uneclarté lumineuse fur les mémoires les plusobscurs ; il fut le premier qui porta cetteélégance dans les sciences ; si quelquefoisil y répandit trop d’ornemens , c etoit deces moissons abondantes dans lesquelles lesfleurs croissent naturellement avec les épis..

Cette histoire de Pacadémie des sciencesferoit aussi utile qu’elle est bien faite, s’ilavoit eu à rendre compte des vérités décou-vertes ; mais il falloir qu’il expliquât desopinions combattues les unes par les autres,& dont la plupart font détruites. Les élogesqu’il prononça des académiciens morts ,ont le singulier mérite de rendre les scien-ces respectables , & ont rendu tel leurauteur.

S’il a fut imprimer fur la fin de fes joursdes comédies peu théâtrales, & une apologiedes tourbillons de Descartes, on a pardonnéces comédies en faveur de fa vieillesse, &son carthéjìanisme , en faveur des anciennesopinions qui, dans sa jeunesse, avoient étécelles de PEurope.

Enfin, on Pa regardé comme le premierdes hommes , dans Part nouveau de ré-pandre de la lumière & des grâces fur lessciences abstraites ; & il a eu du méritedans tous les autres genres qu’il a traités.Tant de talens ont été soutenus par la con-I noiflance de l’histoire, 8 c il a été fans con-Ooo 2