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vivantes qui íe font fait un nom dans larépublique des lettres.
Marie le Page , épouse de Joseph duBocage , mort en 1767 , est au rang desdames les plus célébrés pas la beauté de sonesprit Sc les productions de íà plumeparticulièrement par son talent pour lapoéíie épique : en lisant ses poèmes, on sentque son astre en naissant l’a formée poète :on y reconnoît ^enthousiasme qui caracté-rise les vrais cnfans d'Apollon ; ses idéesfont sublimes ; la pompe Sc l’élévationrègnent dans ses descriptions , la chaleurdans ses images!, la richesse dans l’expres-fion ; sa prose n’a pas moins de mérite.
Ce que cette dame raconte de ses voya-ges est peint avec une grâce charmantece n’est par-tout que légéreté , fin badi-nage , traits d’efprit qu’elle seme commecn voltigeant : tous les objets d’admiration ,tous les monumens publics font fur elledes sensations, dont l’image , comme im-primée dans ses lettres , rend en quelqueforte nouveau tout ce qu’on a lu en ce■genre dans les voyageurs : c’est dans seslettres fur l'Angleterre qu’cile se montretoute entiere Sc sans apprêt ; elle y décou-vre tout son goût , sa façon de voir , depenser , ion discernement , íà justestè.C’est aux femmes d’esprit à voyager Sc àécrire leurs voyages ; elles voient avec plusde sentimens que nous ; elles font des remar-ques plus fines , Sc font moins distraitesfur certains objets que les voyageurs lesplus attentifs, Voye £ Esprit .des femmes ,tome II, Vj6j.
Voici un joli madrigal fait en 1763 àmadame Bocage à Rome , par M. de laCondamine , que la France Sc les lettresviennent de perdre ( février 1774. ) :
T> Apollon , de Vénus , réunissant les armes,
•Voussubjuguez Vesprit , •vous captivez le cœur 5JCí Scuderi jalouse en -verseroit des larmes-,
Mais fous un autre aspeiï son talent efi vainqueur ;Elle eut celui de faire oublier sa laideur :
Tout votre esprit ria pu faire oublier vos charmes.
Madame le prince de Beaumont , néeà Rouen en 171-1 , a résidé long-temps àLondres, oè elle a exercé son talent admi-rable pour l’éducation des demoiselles : on
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compte parmi les productions de fa plumésle Magasin des cnfans , le Magasin des ado-lefcens , VEducation complété , Lettres demadame de Moritier , 8 cc. ; on y reconnoîtle sens exquis d’une bonne maîtresse ; uneadreste singulière pour déguiser le sérieuxde l’instruction Sc l’austérité de la morale ,íous f enveloppe de la fable & les agrémensde l’histoire ; un talent particulier pour s J atti-rer Fattention d’une aimable jeunesse , parl’air simple, naturel , insinuant, dont tousses petits romans font tournés ; le tout à laportée des jeunes lecteurs qu’elle veut ins-truire. Cette dame respectable s’est retiréeà Avallon cn Bourgogne.
Jean Pommeraye, laborieux bénédictin,qui a publié, 1 °. 1 ’Hifoire de l’abbaye de Saint -Ouen , celles de Saint-Amand Sc de Sainte-Catherine ; 1°. Y Hifoire des archevêques deRouen , in-fol. ; 3 °. un Recueil des concilesde Rouen , Sc VHistoire de la cathédrale : ou-vrages écrits fans agrément, mais pleins derecherches curieuses Sc importantes.
Pìerre-Thomas Dufossé , d’une familledistinguée , fut élevé à Port-Royal, Sc futprofiter des leçons de MM. le Maître Sc deSacy : nous avons de lui les vies de saintThomas de Cantorbérì, d’Origene, de Ter -tultien , aster estimées ; il mourut dans lesein de la piété en 165)8 , à l’âge de 64ans.
Jacques-François Blondel, né à Rouen ,mort à Paris le 5, janvier 1774, à l’âge de70 ans ; également sensible à sa propre gloireSc à celle de sa patrie, il se livra dès fajeunesse au dessein, à la gravure & à tousles arts agréables. Son éloquence naturelle ,fa facilité à écrire Sc à parler le firent con-noître avantageusement; sespremieres pro-ductions furent des changemens considéra-bles Sc beaucoup d’additions à l’architecturede Davillier ; il perfectionna austsi les élé-mens de Scamozzi Sc de Vignole. S’élevantensuite à mesure que ion génie, aiguillonnépar de nouveaux succès, prenoit plus d’es-sor, il fit Y histoire de V architecture Françoise ,à laquelle il appliqua les principes générauxde l’architecture ancienne Sc moderne ; illaissa imparfait ce grand ouvrage. Si quelquechose peut l’excuser , c’est le zele & l’asfi-duité qu’il mit toujours à former des élevesdans son Ecole des arts, titre honorable qui
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