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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTÈME DU M O N D E. 187

de la pesanteur, et qui ne diffère pas d’un i6oo cme , de la parallaxeobservée à laquelle je la crois préférable, vu l’exactitude des élé-mens qui servent à la déterminer. Il suffxroit de diminuer un peula masse de la lune, pour avoir par la théorie de la pesanteur , lamême parallaxe que suivant les observations; mais tous les phéno-mènes des marées concourent à donner à cette masse, la valeurdont nous venons de faire usage. Quoi qu’il en soit, la petite diffé-rence des deux parallaxes est dans les limites des erreurs des obser-vations et des élémens employés dans le calcul ; il est donc certaiuque la force principale qui retient la lune dans son orbite, est lapesanteur terrestre affoiblie en raison du quarré de la distance.Ainsi, la loi de la diminution de la pesanteur, qui pour les planètesaccompagnées de plusieurs satellites, est prouvée par la comparaisonde la durée de leurs révolutions, et de leurs distances, est démontréepour la lune, par la comparaison de son mouvement avec celui desprojectiles à la surface de la terre. Déjà les observations du pendulefaites au sommet des montagnes, indiquoient cette diminution dela pesanteur terrestre ; mais elles étoient insuffisantes pour endécouvrir la loi, à cause du peu de hauteur des montagnes les plusélevées , par rapport au rayon de la terre ; il làlloit un astre éloignéde nous, comme la lune, pour rendre cette loi très-sensible, et pournous convaincre que la pesanteur sur la terre , n’est qu’un casparticulier d’une force répandue dans tout l’univers.

Chaque phénomène éclaire d’une lumière nouvelle, les loix dela nature, et les confirme : c’est ainsi que la comparaison des expé-riences sur la pesanteur, avec le mouvement lunaire, nous montreclairement que l’on doit fixer l’origine des distances, au centre degravité du soleil et des planètes, dans le calcul de leurs forcesattractives ; car il est visible que cela a lieu pour la terre dont laforce attractive est de la même nature que celles des planètes et dusoleil.

Le soleil et les planètes accompagnées de satellites, étant douésd’une force attractive réciproque au quarré des distances; une forteanalogie nous porte à étendre cette propriété, aux autres planètes.La sphéricité commune à tous ces corps, indique évidemment queleurs molécules sont réunies autour de leurs centres de gravité,

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