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expériences fur les pierres précieuses, a. l’aidedu miroir ardent de Tfchirnhaufen. Unrubis , exposé à faction du feu solaire , aubout de quelques secondes se couvrit commed’une espece de graisse fondue, à la partie desa surface qui étoit frappée par les rayons ;il s’y forma ensuite quelques bulles. Aprèsavoir été tenu pendant 45 minutes dans lefoyer, il perdit fa couleur en grande partie,íès facettes & fes angles s’arrondirent. Unautre rubis après avoir été exposé 3 minutesau foyer, s’écrafa tk fe fendit lorsqu’on vints presser dessus avec la lame d’un couteau.On prit un nouveau rubis fort grand ; ilcommença par montrer les mêmes bullesque le premier ; 8c au bout de 7 minutes,il étoit amolli au point de recevoir f em-preinte d’un jaspe 8c de la pointe d’uncouteau. Cette pierre après avoir été exposéeà cette chaleur violente pendant 45 minutes,ne souffrit aucune altération dans fa forme ;mais fa couleur avoir changé ; elle étoitdevenue trouble, blanchâtre & tachetée denoir. En continuant de tenir la pierre pen-dant 45 autres minutes dans la même cha-leur , fa couleur changea encore plus, maisfa forme ne fut aucunement altérée ; enfin,après avoir continué à tenir la pierre à cemême degré de chaleur pendant 3 autresquarts d’heure , il ne s’y fit plus aucunchangement même pour le poids.
On prit un nouveau rubis que Ion pul-vérisa ; on exposa cette poudre au foyerdu miroir ardent , 8c au bout de troisminutes on vit que les particules de cettepoudre s’attachoient les unes aux autres assezfortement, mais elles fe séparèrent lorsqu’onvint à presser deflus avec un couteau ; onpulvérisa de nouveau ces particules, & aubout de 11 minutes elles fe lierent les unesaux autres : la liaison n’étoit point sensibleà la circonférence , mais au centre ; elleétoit très-forte, & les molécules en fe re-joignant avoient même repris la couleurrouge qui leur étoit naturelle.
Pour «'assurer encore davantage de lafusibilité du rubis , on pulvérisa de nouveauces particules, déjà fondues ; 8c pour aug-menter faction du miroir ardent, on plaçaun verre pour réfléchir les rayons ; en peude secondes ce degré de chaleur fit fond tela poudre , qui prit une couleur de chair
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fan? transparence, 8c au microscope on dé-couvrit qu'il y avoit des particules qui nes’étoient point fondues.
Les rubis qui avoient été exposés au foyerdu miroir ardent , & ensuite jetés dansl’eau , ne fe brifoient point ; mais on pou-voir remarquer qu’il s’étoit fait des gerfuresà leur intérieur ; & les rubis fe brifoientlorsqu’on les pressoir avec un outil de fer.
En joignant du verre à un rubis , cettepierre parut entrer en fusion avec lui ; raaison s’apperçut au bout de quelque temps quela combinaison n’étoit point intime, 8c lapartie rouge s’étoit précipitée au dessous duverre , dont il étoit facile de distinguer lerubis du verre. Ces expériences sont tiréesdu magasin d’Hambourg , vol. in -18 , 8cdu lorn. IX , du Giornale del litteratid > Italia. ( — )
Voilà de toutes les pierres précieuses decouleur la plus difficile à trouver dans sondegré de perfection. On exige que le rubissoit extrêmement net d’une couleur véri-tablement ponceau, ou couleur de feu ; l’onveut que le rouge en soit très-velouté , &:qu’il jette un feu vif & ardent. Lorsque lerubis est pourvu de toutes ces qualités , 8cqu’il est avec cela d’une bonne grosseur, 8cd’une forme agréable, il n’y a certainementaucune pierre qui lui soit comparable ; 8cce n’est pas fans raison que dans l’orient oùlle goût pour les pierres précieuses est peut-être plus sor & plus marqué qu’en aucunautre endroit de l’univers , on fait beaucoupplus de cas des beaux rubis , que des beauxdiamans ; par-tout où il y aura de véritablesconnoisseurs , il ne faut pas craindre qu’onpense autrement.
Benvenuto Cellini, sculpteur Florentin iqui nous a laissé un traité de l’orfévrerieremarquoit il y a environ deux cens cin-quante ans, qu’un rubis parfait pelant uncarat, fe feroit vendu de son temps 800écus d’or , tandis qu’un diamant du mêmepoids 8c de la même perfection n’en auroicvalu que cent; mais on trouve peu de rubisdelapremiere beauté ; presque tous pèchentdans la couleur , qui n’est pas a fiez pure ,ou qui dans les uns est trop sourde, & dansles autres trop claire. Les magnifiques efcar-boucles qui ont épuisé les éloges des anciens,, 8c auxquels ils ont cru devoir dotuier le nora