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Tome vingt-neuvième.
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s’étoìent comme réunis contre lui. Les prin-cipaux obstacles vinrent de la part du dé-fenseur de la tyrannie de Cromwel, d’autantplus que fauteur en faisant voir qu’une ré-publique est un gouvernement dirigé parles loix, & non par le pouvoir militaire,dévoiloit la violente administration du pro-tecteur par ses majors-généraux. D’un autrecôté, les cavaliers le taxoient (^ingratitudeà la mémoire du feu roi, &c préféraient lamonarchie, même fous un usurpateur, àla république la mieux réglée.

Il répondit à ces derniers , que c’étoitaíTez qu'il eût évité de publier ses sentimenspendant la vie du roi ; mais que la monar-chie étant absolument détruite, & la nationdans un état d’anarchie , ou plutôt fousf usurpation ; il étoit non-seulement libre ,mais obligé en qualité de bon citoyen, decommuniquer à lés compatriotes le modelede gouvernement, qui lui paroiíToit le pluspropre à assurer leur tranquillité, leur bon-heur & leur gloire. Il ajourait qu’il n’y avoitpersonne à qui son plan dût plaire davantagequ aux cavaliers , puisque s’il étoit reçu , ilsse verraient délivrés de toute oppression ;parce que dans une république bien réglée,il ne peut y avoir de distinction de partis ,le chemin des emplois étant ouvert aumérite. D’ailleurs, si le prince étoit rétabli,fa doctrine de la balance l’éclaireroit fur íèsdevoirs, ce qui le mettrait en état d’éviterles sautes de son pere, puisque son systèmene convenoit pas moins à une monarchiegouvernée par les loix qu’à une véritabledémocratie.

Cependant, quelques courtisans ayant suque l’ouvraged’Harrington étoit fous presse,ils firent tant de recherches, qu’ils décou-vrirent le lieu où il s’imprimoit. On le saisitdu manuscrit, & on le porta à Whitehall.Tous les premiers mouvemens que fauteurle donna pour le recouvrer furent inutiles.II réfléchit enfin que miladi Claypole , filledu protecteur , & qui avoit beaucoup decrédit fur son esprit, étoit d’un caractèreplein de bonté pour tout le monde, & qu’elles interefsoit très-souvent pour les malheu-reux. Quoique cette dame lui fut inconnue,d résolut de s’adreller à elle, & se fit an-noncer , s’étant rendu dans sonchambre.

Tome XXIX.

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R U T 5 F;

Pendant qu’il y étoit, quelques une-s desfemmes de miladi Claypole entrerent dansla chambre , suivies de fa petite fille, âgéed’environ trois ans ; cette enfant s’arrêtaauprès de lui, Lc il se mit à badiner avecelle , de maniéré qu’elle souffrit qu’il la prîtdans ses bras , où elle étoit , lorsque samere parut. Harrington s’avança vers miladiClaypole , & mit f enfant à ses pieds, enlui disant : Madame, vous êtes arrivée fortà propos , fans quoi j’aurois certainementvolé cette charmante petite demoiselle*Volée ! reprit la mere avec vivacité, hé !pourquoi je vous prie ; car elle ejì trop jeunepour être votre maîtresse. Madame, réponditHarrington, quoique ses charmes sulfurentd’une conquête plus importante que lamienne, je vous avouerai que je ne me seraisporté à ce larcin , que par un motif devengeance, & non d’amour. Quelle injurevous ai-je donc fait , répliqua la dame , pourvous òbliger à me dérober mon enfant ?Aucune , reprit Harrington , mais ç’auroitété pour vous engager à porter milord votrepere à me rendre justice, & à me restituermon enfant , qu’il m’a dérobé. MiladiClaypole répliqua que cela ne pouvoit pointêtre, son pere ayant lui-mêmeafsez d’enfans,& ne songeant certainement pas à en voler àpersonne au monde.

Harrington lui apprit alors qu’il étoitquestion de la production de son esprit ,dont on avoit donné de fausses idées à sonaltesse, & qui avoit été enlevé par son ordrede chez l’imprimeur. Elle lui promit sutle champ qu’elle lui ferait rendre son ou-vrage , pourvu qu’il n’y eût rien de con-traire au gouvernement de sbn pere. Ill’assura que c’étoit une espece de romanpolitique , qui contenoit fi peu de chosespréjudiciables aux intérêts du protecteur,qu’il espérait qu’elle .voudrait bien l’in-former, qu’il avoit même dessein de le luidédier , &c il lui promit qu’elle aurait undes premiers exemplaires. Miladi Claypolefut -fi contente du tour qu’il avoit pris »qu’elle lui fit bientôt rendre Ion livre.

Il le dédia, suivant sa parole, à Cromwel!,qui, après savoir lu, dit que fauteur avoitentrepris de le dépouiller de son autorité ;mais qu’il ne quitterait pas pour un coupde plume , ce qu’il avoit acquis à la pointeEeee