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píefque toute l’idolâtrie comme une fuite desidées sabiennes , & par-là ils y ont enveloppénécessairement les cultes de toute la terre.Eutychius avoir la même idée, puisqu'aprèsavoir pris le Sabiisme en Chaldée , de-la ,dít-il, il eflpajjé en Egypte , de VEgypte ilfut porté che[ les Francs , c'est-à-dire , enEurope , d'où il s’étendit dans tous les ports dela Méditerranée. Et comme le culte du soleil& des étoiles , la vénération des ancêtres ;l'érection des statues , la consécration desarbres constituèrent d'abord l'esience du Sa-biisme; cette espece de religion, toute bisarrequ'elle est , le trouva allez vîte répanduedans toutes les parties du monde alors con-nu , jusqu a l'Inde & jusqu'à la Chine; deforte même que ces vastes empires ont tou-jours été pleins de statues adorées , & onttoujours donné la créance la plus folle auxvisions de l’astrologie judiciaire, preuve in-contestable de Sabiisme , puisque c'en est lefond & le premier dogme ; la conclusion estsimple que soit par tradition , soit par imi-tation & identité d'idées , le monde preí-qu entier s'est vu & se voit encore sabien.Ce qu'on ne peut pas nier , c'est que pourles régions orientales , le Magisme paroîtavoir été resserré dans la Perse & dans quel-ques contrées voisines , & que le Sabiismepatoît avoir été reçu également dans la Chal-dee, dans 1 Egypte, dans la Phénicie, dansla Bactriane & dans l'Inde ; car s'il étoitclair que les opinions de la religion égyp-tienne étoient pastées & y subsistent encoreaujourd'hui , il est évident auísi qu'il s’yétoit mêlé du sabiisme , ce que prouvent astèz& Batroncheri & la plupart des romansindiens.
Ajoutons un mot de la durée du Sabiisme.Qui croiroit que pendant que tant d'autres■hérésies, même depuis le Christianisme, sesont éteintes & presque évanouies à nosyeux ; qui s’imagineroit, dis-je , que celle-ci , la premiere de toutes , connue avantAbraham , est demeurée jusqu'à nos joursentre le Judaïsme , le Christianisme & leMusulmanisme ? Nous avons une Homéliede S. Grégoire de Nazianze contre les Sa-biens, ainsi de ion temps il y en avoit dansla Cappadoce. L ’akoran , tous les histo-riens , tous les auteurs persans en parlentcomme d'une religion subsistante chez eux,Tome XXIX,
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& cela n’est pas étonnant, puisque Charan& Bassora sont si proches de P Arabie & de laPerse.
Une circonstance curieuse , ce sèroit desavoir pourquoi & depuis quel siecle les Sa-biens s'appellent mendaïJahia, les disciples oules chrétiens de S, Jean. Il n'est pas facile dele déterminer ; mais il semble que l'histoirearabe nous en donne une époque assez vrai-semblable du temps d'Almamon. Ce princepassant par Charan, & fans doute en ayantentendu parler comme d'une ville de Sa-biens , en fit assembler les principaux habi-tans ; il voulut savoir quelle étoit véritable-ment la religion qu'ils professoient. LesCharaniens chagrins d'une telle demande ,& ne sachant où elle tendoit, ne se direntni juifs, ni chrétiens , ni mahométans, nisabiens , mais charaniens , comme si c'eûtété un nom de religion. Cette réponse assezfondée d'ailleurs , mais que le prince mu-sulman prit ou pour une impiété , ou pourune dérision, leur pensa coûter la vie. Alma-mon en colere leur déclara qu'ils pouvoientopter entre les quatre religions permises parle prophète, fans quoi à íbn retour leurville seroit passée au fil de l’épée. Là-dessusun vieillard leur conseilla, en reprenant leurancien nom de religion , de íè dire sabiens.Cela étoit fort íeníe ; mais apparemmentqu'alors, entre les Charaniens & leurs freresles véritables Sabiens, il y avoit des divi-sions 6c des haines. Plusieurs d'entr’eux ai-mèrent mieux se faire chrétiens ou musul-mans : mais ce qui fera arrivé , c'est qu'a-vec les Musulmans ils íe seront dit chré-tiens , & qu'avec les chrétiens ils aurontaffecté de ie faire nommer chrétiens de S.Jean , ou chrétiens menda'i Jahia , disciplesde S. Jean.
11 est vrai que du temps de l'Evangile S.Jean a eu des disciples, 6cque nous n'avonsaucune preuve , malgré la prédication duprécurseur , qu'ils aient tous embrassé leChristianisme. Il est vrai encore que les Sa-biens d'aujourd'hui font par-tout , & dansleurs liturgies, 6c dans leurs livres, unecommémoration honorable de S. Jean ; deforte que le nom de chrétiens de S. Jean ou dedisciples de Jean pour roi t avoir une époqueplus ancienne , & être des premiers tempsdu Christianisme : on a même quelques 11-H h h h