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Tome vingt-neuvième.
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SAC

un ouvrage neuf par sa structure , sa formeSc son ton ; mais M. dessiner a encore eul'art d’augmenter l’intérêt que nous prenonsà cet événement de i'histoire sainte , par lamaniéré vive & touchante dont il peint lesdiverses pallions de nos premiers ayeux ,Sc par les grâces & la vérité qu'il met dansses tableaux , lorsqu'il décrit les mœurs despremiers hommes qui ont habité la terre.A l’égard du sacrifice qu'A bel offrit à Dieu,il a cru devoir préférer l’opinion d'une vic-time en holocauste , au sentiment de Gro-fius, Sc voici comme il s'exprime à ce su-jet dans la traduction soignée qssien afaite M. Huber. Cest un trop beau mor-ceau pour n*en pas décorer mon article.Lisez-le.

Le soleil ne donnant plus qu’une lumièreadoucie, dardoit encore íès derniers rayonsà-travers le feuillage , prêt à s'aller cacherderrière les montagnes ; les fleurs distribuoient leurs parfums fur les zéphirs, com-me pour les charger de les exhaler fur lui ;Sc les oiseaux à l'envi lui donnoient l’agréa-ble amusement de leurs concerts. Caïn ScAbel arrivèrent fous le feuillage , & virentavec une joie délicieuse leur pere rendu àleurs yeux. Sapriere finissoit ; il se leva, Scembraflà les larmes aux yeux , íà femme &ses enfans ; après quoi il s'en retourna dansfa cabane. Cependant Abel dit à Caïn : moncher frere , quelles actions de grâces ren-drons-nous au seigneur de ce qu'il a exaucénos gémilsemens, & de ce qu'il nous rendnotre précieux pere ? Je vais, pour moi, àcette heure où la lune íe leve, réacheminervers mon autel, pour y offrir au seigneur ensacrifice le plus jeune de mes agneaux. Ettoi, mon cher frere , es-tu dans la mêmeidée ? Youdrois-tu auílì, fur ton autel, faireun sacrifice au seigneur ?

Caïn le regardant d’un œil chagrin : oui,dit-il, je vais aller à mon autel offrir ensacrifice au seigneur , ce que la pauvreté deschamps me donne. Abel lui répondit gra-cieusement : mon frere, le seigneur ne com-pte pour rien l'agneau qui brûle devant lui,ni les fruits de la campagne que la flammeconsume , pourvu qu'une piété sans tachebrûle dans le cœur de celui qui donne l'unou l'autre.

Caïn repartit : il est vrai, le feu tombera

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tout d'abord du ciel pour consumer ton ho-locauste ; car c'est par toi que íe seigneur aenvoyé du secours ; pour moi il m'a dédai-gné ; mais je n’en irai pas moins lui offrirmon sacrifice.

Abel alors se jetta tendrement au cou deCaïn, en disant : ah, mon frere, mon cherfrere, est-ce que tu te fais un nouveau sujetde chagrin de ce que le seigneur s'est servide moi pour porter du secours à mon pere 5S'ií s’est servi de moi, c’eít une commissiondont il m’a chargé pour nous tous. O monfrere, écarte, je t’en supplie, ces fâcheusesidées ; le seigneur qui lit dans nos âmes,fait bien y découvrir les pensées injustes &les murmures sourds. Aime-moi, comme jet’aime. Vas offrir ton sacrifice ; mais ire per-mets pas que des dispositions impures enfouillent la sainteté ; Sc compte qu'alors leseigneur recevra favorablement tes louanges& tes actions de grâces, Sc qu'il te béniradu haut de ion trône.

Caïn ne répondit point ; il prit le cheminde ses champs , & Abel le regardant avectristesse, prit celui de ses patinages, chacuns'avançant vers ion autel. Abel égorgea leplus jeune de ses agneaux, l'étendit fur l’au-tel, le parsema de branches aromatiques Scde fleurs, & mit le feu à l'holocauste ; puiséchauffé d'une piété fervente, il s’agenouilladevant l’aurel, Sc fit à Dieu les actions degrâces Sc les louanges les plus affectueuses.Pendant ce temps , la flamme du sacrifices’élevoit en ondoyant à-travers les ombresde la nuit ; le seigneur avoir défendu auxvents de souffler , parce que le sacrifice luiétoit agréable.

De son côté, Caïn mit des fruits de seschamps fur ion sacrifice , Sc se prosternadevant son autel ; aussi-tôt les bussions s'a-giterent avec un bruit épouvantable , untourbillon dissipa en mugissant, le sacrifice,Sc couvrit le malheureux de flammes & defumée. Il recula de l’autel en tremblant, Sc.une voix terrible, qui sortit de la nuée, luidit : pourquoi trembles-tu, & pourquoi laterreur est-elle peinte fur ton viíage ? il enest encore temps, corrige-toi, je te pardon-nerai ton péché ; sinon ton péché Sc son châ-timent te poursuivront jusque dans ta caba-ne. Pourquoi haïs-tu ton frere ì il t’aime &t'honore. La voix se tut , Sc Caïn saisi deM m m m 1