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Tome vingt-neuvième.
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rent intérieurement, & vraisemblablementpassent de-là dans la trompe.

Après avoir enlevé les ovaires , on dé-couvre les trompes ; elles prennent depuisle col , & faisant plusieurs plis & replis,e’ies se terminent à Panus. M. Duverney afait voir qu’elles avoient à leur extrémitésupérieure , une espece réouverture ou depavillon , par lequel entrent les oeufs. Lors-qu’ils font entrés dans les trompes, ils ac-quièrent beaucoup plus de grosseur qu’ilsn’en avoient dans f ovaire ; & lorsqu'ils íontarrivés à Pextrémité inférieure , ils sortentpar le canal commun.

Les trompes font remplies dans touteleur longueur if une liqueur épaisse, trouble,jaunâtre , en assez grande quantité , 6c quine fort point par le canal commun. Est-cecette matière visqueuse qui entoure lesoeufs, & qui sert de premier aliment aupérit germe qui doit éclore ? Les trompesle terminent avec le rectum, & le coi dela vessie , dans un gros mutcle , auquel est:attachée f extrémité des reins qui adhérentaux trompes, dans presque toute leur lon-gueur ; de sorte qu'en enlevant ce muscle,on cnleve en même temps les reins, lestrompes, Pintestin 6c la vessie.

Il n’y a point de matrice dans cet animal ;ce font les trompes qui en fervent, puif-qu’on y trouve quelquefois des petits toutformés.

la salamandre n'ejl ni dangereuse , ni veni-meuse, Parions maintenant des propriétésattribuées faussement à la salamandre , 6cde celles qifeile possède réellement.

Les anciens, & plusieurs naturalistes mo-dernes , ont regardé la salamandre commeun animai des plus dangereux ; si on les encroyoit, des familles entieres font mortes,pour avoir bu de Peau d'un puits où uneJolamandre étoit tombée. Non-seulement,ajoutent-ils, íà morsure est mortelle, com-me celle des viperes , mais elle est mêmeplus venimeuse , parce que fa chair , ré-duite en poudre, est un poison , au lieuque celle de k vipere est un remede.

Tous ces préjugés ont été généralementreçus , jusqssà ce que des physiciens de nosjours les aient détruits par des expériencesexpreíïès. Ils ont fait mordre divers ani-maux dans les parties les plus délicates,

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par des salamandres choisies ; ils leur ontfait avaler des salamandres entieres, cou-pées par morceaux, hachées, pulvérisées;ils leur ont donné à boire de Peau danslaquelle on avoit jette des salamandres. Ilsles ont nourris des mets trempés dans leprétendu venin de ce reptile. Ils ontinjecté de son poison dans des plaies fai-tes à destèin ; & néanmoins, aucun ac-cident n’est survenu de tous ces divers es-sais. En un mot, non-seulement la sala-mandre ìfest plus un animal dangereux,de la morsure duquel on ne peut guérir ,c'est au-contraire Panimal du monde 1emoins nuisible, le plus timide , le pluspatient, le plus sobre , & le plus incapablede mordre. Ses dents font petites & serrées,égales, plus propres à couper qulà mordre,si la salamandre en avoit la force, & ellene Pa point.

Elle ne vit point dans le feu. Tandis quecette pauvre bête inspirent jadis aux unsde Phorreur, par le venin redoutable qu’onlui fuppoíoit , elle exçitoit dans Pespritd'autres personnes une espece d’admiration,par la propriété singulière dont on la cro-yoit douée, de vivre dans le feu. VoilàPorigine de deux célébrés devises que toutle monde connoît ; celle d'une salamandredans le feu qu'avoit prise François I, avecces mots, nutrìo & extinguo , j'y vis & jePéteins ; 6c celle que Pon a faite pour unedame insensible à Pamour, avec ce mot es-pagnol , mas yelo que sugeo , froide mêmeau milieu des flammes.

On regardoit la salamandre comme Pa-miante des animaux ; 6c toute fabuleusequ'en paroisse Phistoire , elle f étoit si bienaccréditée parmi les modernes, fur desmauvaises expériences , qsson a été obligéde les répéter en divers lieux , pour endétromper le public. En France, par exem-ple , M. de Maupertuis nk pas dédaignéde vérifier ce conte ; quelque honteux ,dit-il lui-même , qudl soit au physicien ,de faire une expérience ridicule ; c estpourtant à ce prix qusil doit acheter ledroit de détruire certaines opinions con-sacrées par des siécles : M. de Maupertuisa donc jetté plusieurs salamandres au feu :la plupart y périrent fur le champ ; quel-ques-unes eurent la force d en iortir à demi-